15 septembre 2017

10/10 !

Quand 10 jours après la rentrée scolaire ton fils te dit tous les soirs que l'école c'était bien : tu te sens légère légère et tu te remémores la galère de l'année précédente. Oubliés l'ennui permanent qu'"on" te rapportait quotidiennement, la méchanceté (toute relative certes, mais peut-être pouvons-nous parler de rigidité pour rester délicat) de la maîtresse et la classe de bébés où "on" était enfermé. Oubliés les rendez-vous avec la directrice, la psy sco, le pédo-psy et les tests : cette année "on" est en classe double niveau et la maîtresse est adepte des méthodes Montessori et Freinet... J'ai cru que j'allais rouler une pelle à ce professeur providentiel. En plus Junior la trouve aussi jeune que moi (héhé, ça c'est du critère). Nous, les géniteurs, avions eu le droit l'année dernière lors d'un entretien entre 3 paires d'yeux dont celle de la matonne, à : "les enfants en petite section sont là pour apprendre à être élève"... Bien ! madame la maîtresse, avec cette méthode, Junior s'était carrément mis en grève. Là, en 10 jours, son goût pour les chiffres et la (pré)lecture, se sont remis en route d'un seul coup, sa machine à rêves est devenue plus grande, il nourrit ses ambitions d'enfants et il re-dessine enfin avec plaisir... et, désormais nous avons des petits déjeuners sereins. C'est bon pour le transit.

15 juin 2017

Expiration

Le serpent a dégueulé de cette bouche immense déroulant ses longues écailles, une après l'autre. Des larmes de soulagement ont surgi ensuite emportant un flot de questionnements. Mais quoi donc ? Je chialais vraiment ? Voici l'heure des larmes légères, une typologie différente de celles qui pèsent. Elle dévalaient donc les montagnes tiédies de ma carcasse.
L'instant avait été précédé, muri, et certainement je suis coupable d'un certain travail. Un accomplissement, un assouplissement de toute ma personne.

J'ai longtemps cru que le recherche de soi procédait d'un égocentrisme new age : faire du bien à sa petite personne en se libérant du temps. Bref, c'était bon pour ceux qui n'avaient pas de mioches à élever.
Mais je comprends aujourd'hui que se curer l'esprit c'est faire surtout la paix avec l'autre. En cela l'égocentrisme explose. Et le temps qu'on se libère se trouve au détour d'un pré-sommeil dans un pieu retrouvé plus tôt qu'habituellement. Bref du temps qui ne compte pas... Du temps qui ne compte pas, c'est un concept désuet je suppose.

J'en ai un peu bouffé dernièrement, de la douleur et de la contrition. Entre ce que je suis capable d'encaisser depuis quelques années, les remises en question et la mise au grand jour pour mon goût du drame, j'ai dû détricoter alors certaines trames sans cesse empruntées.

Non je ne fais pas que subir, non je ne suis pas seule coupable de tous les maux, non le drame ne me fait pas bander, ne me transforme pas en héroïne de tragédie biblique, non je ne suis pas la seule victime de cette histoire commencée il y a si longtemps. Et même je me suis dis que j'en avais assez.
J'ai introspecté, j'ai calmé, j'ai pansé tant bien que mal, et dès fois, je m'effondrais encore.
Jusqu'à ce que je décide peut-être de casser mes châteaux en Lego, avec le roi, la reine et le petit prince, de l'envisager plus sérieusement qu'à l'accoutumé.

Ce point de rupture répondait au point d'orgue de la situation. Stop. A la ligne. Je suis devenue cette mère, mais je suis toujours la putain parce qu'on est toujours la putain de quelque chose, de quelqu'un ou de quelque chose quand on dépend d'un bâton, ou d'une récompense. Je choisis la récompense.

Je me suis donc allongée un jour et j'ai cherché mon souffle, ma pesanteur, ma légèreté, mes différentes tensions. Et puis appuyer là où ça fait mal. Régulièrement pendant une semaine j'ai exercé mon esprit à revenir cent fois dans les zones, qui, sur le moment paraissent moins habitées de mon cerveau. En fait je ne sais pas où va se loger l'esprit qui médite.
Le fait est que j'y ai vu des visages accueillants, parfois, d'autres fois comme si j'avais perdu le droit de naviguer, des trognes affligées ou crachant mépris. A chaque voyage, la journée et son lot d'émotions transmutait l'expérience. Pas de décollage une certaine nuit, j'ai juste eu le droit de pioncer. C'était déjà bien.

Et puis le déclic. J'ai vu un homme, plutôt une sorte de cocon d'être humain suspendu à un squelette d'arbre, comme la gousse de l'haricot se suspend à sa tige. L'image était nette l'espace d'un éclair, puis s'est noyée dans un flot d'informations trop denses pour en extirper d'autres images. Seulement celle-ci.

Je fais donc ici mon coming out. Je suis l'adulte enfin murie qui enfile solennellement les sandales de Matthieu Ricard. Pardon c'est celui qui me vient à l'esprit, le produit marketing ayant été bien lancé et bien installé depuis quelques année et est toujours en tête de gondole. Puis j'ai tenté d'oublier ma petite personne en la rendant habitée par des réseaux, des muscles, des tendons, du mou, du dur. Vaste programme. Et j'ai médité tant et si bien qu'un jour j'ai chu. J'ai chu dans un déversement de dopamine, un lac de pleine montée. Un trip sans effet secondaire dans lequel je me suis dit que je pourrai enfin poser voire y revenir. Ce fut cette déchirure dans mon costume habituel qui m'a tant fait pleurer de soulagement. Je lui ai vraiment pardonné, à Lui et puis à moi également.

On verra...

03 janvier 2017

Bon An Mal An.

Il y a peu je rêvais, enfin je le sais, j'étais pas toute seule à faire ce rêve, enfin donc nous rêvions d'un autre monde. Pourtant cette première phrase est entièrement fausse relevant de la pire politique qui soit. Elle repose sur l'illusion que ces pulsations vitales accrochées à notre boule de terres et de boues soient bienveillantes. En fait entre deux bonheurs on oublie vite ou plus exactement on fait semblant d'oublier. Ce monde-là, on le rêve toutes les fois qu'on oublie. On le rêve simple, et il l'est assez souvent, dans notre microcosme. Mais la réalité est juste derrière notre porte. Peut-être que la terre est devenue notre cauchemar à moins qu'elle ne l'aie toujours été.

Gueule de bois du matin. C'était avant-hier matin. Heureusement, nos vœux échangés permettent de se rendre compte que 2017 ne sera qu'un enchevêtrements d'espoirs et d'illusions, sûrement, mais il y aura toujours les potes, la famille, nos viscérales attaches ici ou là, créant notre réseau interne. Ceux qui habitent du bon côté de ta porte et qui ont accès à ton petit cœur d'humain, celui que tu protèges pour ne pas qu'il déborde trop de l'autre côté à cause de ces putains d'enfants échoués, à cause de ces putains de corps qui explosent, à cause de toutes ces putains de pulsations de vie qui n'ont d'autres lois que celles de l’expansion avant de mourir.
Bonne année, quand même. Quand bien même nous ne pourrions empêcher ce monde de tourner, bon an mal an... #Attentat d'Istambul/Bienvenue au Reina

02 décembre 2016

Va donc en classe si tu veux relever le niveau scolaire français !

Amis professeurs ne voyez pas l'article en lien ci-dessous comme une critique à l'égard de votre métier... au contraire. Je vous aime (enfin pas tous) !
Et c'est pas parce que je m'y emmerdais grave, dans ces classes, que je vous en tiens rigueur.

Vous utilisez pour beaucoup d'entre vous, de plus en plus, des outils dits "alternatifs", comme intégrer une chèvre en classe pour la traire et vendre les fromages sur vos kermesses, ou bien faire pousser des melons, de l'ananas et des cranberrys pour vous concocter des Sex on the Beach pendant la récré. Vous cherchez, vous êtes curieux, vous essayez d'appliquer en classe certaines méthodes plus ou moins rigolotes. Par exemple la position du pigeon est sympa, mais il paraît que Jules s'est tout emmêlé la dernière fois. Voilà vous êtes des enseignants ouverts, j'en suis convaincue et je le vois, dans la classe de mon fils, pour commencer, dans celles des autres, ensuite, pour avoir beaucoup discuté avec d'autres parents. C'est sûrement un métier ingrat car il vous manque des moyens, peut-être même pour certains une latitude, et je crois que c'est là problème. Certes, il y a le programme... et puis il y a nous les parents. Des emmerdeurs patentés, qui demandent tout de vous, que nos petits lisent dès leur première année de maternelle et passent leur bac à 15 ans.

Enfin nos désirs les plus avouables sont peut être que nos enfants partent à l'école en chantant le cœur tout plein de youkaïdi youkaïda, enhardi à l'idée de se confronter à de nouveaux savoirs, de nouveaux défis, pour certains ce sera d'arrêter de cracher sur les voisins, ou de se lancer dans une contrebande lucrative de tétines. Bon, pour de vrai, c'est ici que je m'étonne : pourquoi ne voit-on pas plus d'enfants joyeux d'aller à l'école, par envie, non pour la cour de récré et leurs affreuses cartes Schtroumpfs à dealer - ça, c'est ce qui permet de les motiver - mais pour la classe elle-même ?

(Aïïïe, j'attends les coups de bâtons... mais pas trop fort, hein, je ne fais que poser des questions !).
L'article est là : Potentiel gâché ?

30 septembre 2016

Les vacances sont finies alors... Pour en finir avec le burkini.

J'avoue que cette question du burkini me turlupine, en tant que femme, athée, féministe et citoyenne française. En tant que femme - je le suis depuis donc ma puberté - et je pense avoir assez de recul pour déclarer que ça n'a pas été la chose la plus aisée et si naturelle que cela, j'ai longtemps été balancée par l'envie de tester ma féminité à tout va, puis par moment de me cacher sous des vêtements trop amples. Période compliquée donc qui va de paire avec l'observation de notre société hyper sexualisée où la place des femmes se trouvait dans les strings des vidéos musicales . Ou bien on se sentait moche et l'on compensait avec quelques neurones, voire de l'humour. Voire même de l'humour machiste pour ressembler à ce que devait être le monde : un homme blanc de 25/55 ans, paternaliste. Bien sûr ce n'était pas toujours aussi tranché, je suppose que j'ai déployé des stratégies séductrices en fonction de mes humeurs hormonales... et les débats féministes alimentaient mes observations sur ce monde et ma petite personne.
Je devais donc accepter mes poils, peut-être même les exhiber, me balader seins ballants tous défauts dehors, brandis comme un étendard de la cause féministe me foutant du regard d'autrui et surtout masculin. Avec la route mon féminisme est devenu plus serein, mais je refuserai toujours qu'un voile recouvre les femmes parce qu'une loi divine ou autre les déclare inférieures au mâle.
J'en suis toujours là : que montrer de moi quand je sors ? Comment se sentir bien avec soi-même ? Une chose est sûre : jamais personne ne dictera mon apparence, ni les féministes, ni les intégristes, ni les publicités, mon cerveau et mes contradictions déjà me suffisent.


Alors si j'en suis là, moi, fille libre de tout carcan religieux ou paternaliste, car libre et éduquée d'une façon ouverte depuis ma naissance, où en sont-elles toutes celles qui ne le sont pas, elles, libres de faire émerger leurs opinions religieuses, sociétales, politiques, philosophiques, psychanalytiques - Freud ayant créé toute une vision polluée de la femme perfidement infiltrée dans notre filtre occidental... pas merci à lui ?
Alors oui, que disent-elles ces femmes ? Certaines jouent/joueront leur rôle de bon petit soldat islamiste consentant (?) et zélé et porteront un burkini provocateur sur nos plages de "droits laïcs". D'autre le feront ou le font pour se sentir libre sur la plage et dans les flots avec l'accord bienveillant d'un tuteur musulman "modéré", les autres ne bougeront pas de chez elles car se mêler aux impudiques était et restera impensable - opinion partagée ou non.  

Mais en fait c'est génial le burkini : plus besoin de s'épiler, les bronzages zébrures ne se voient plus et finissent par s'uniformiser, les cheveux peuvent rester gras, les défauts de la peau sont dissimulés et puis quand t'es canon, tu restes canon !(Rire)



 

21 juillet 2016

Pan !


Au début c'était simple, c'était rien, et puis un soubresaut du rien vacille, un rien de soubresaut puis le reste qui s'amoncèle, s'annule, se cherche et se sépare, se rassemble et tâtonne, touillant dans le hasard. Rien que du hasard s'organisant à tâtons dans le pourquoi pas. Cela tiendra ou pas, cela fera ou ne fera pas. Rien que du rien avec du moins rien. Au début c'était simple nous étions à peine plus que du rien avec ce moins rien. Pas d'intelligence organisatrice préalable. Nada, un peu comme la nôtre actuellement, l'intelligence n'étant rien d'autre qu'une succession de données qui s’additionnent dont on extrait une possibilité. Nous étions donc déjà potentiellement là, avec nos cils vibratoires, nos cornes ou nos tentacules élégants, ici ou ailleurs. Alors on voudrait vraiment comprendre ce soubresaut qui n'était qu'à peine un rien, plus un petit moins de rien, ou, un petit plus… va comprendre ? A quoi bon ?

Nous ? C’est quoi ce Nous dont nous nous rappelons du haut de notre première amibe, ce fameux presque rien. Ce nous qui s'est construit des contes sur sa genèse scatologique. Et, brillamment au cours de cette phase anale, nous avons imaginé que nous participions à l'organisation du monde. Ce Rien que nous sommes, souvenirs cumulés de toutes ces accumulations rapides ou lentes, assemblés en données de plus en plus complexes, nous autres petits êtres pochés à la casserole du rien, voulons retrouver maman.

Le rien ne peut se penser avec du rien, l'intelligence ne peut se penser avec l'intelligence, le beau ne peut se comparer au beau. Il faut être laid pour le reconnaître, il faut être idiot pour saisir la clairvoyance. La compréhension ne peut se saisir qu'à travers le prisme de la différence. J’ai trouvé un jour qui me ressemblait, j’ai trouvé à qui m’assembler, mais fusionner n’est pas comprendre, c’est simplement magique or la magie n’a que faire de la réalité, des autres et de la politique. La métaphysique n’est pas un écrou, ni même la serrure par laquelle nous observerions le vrai monde. C’est la psyché sans l’estomac. Je le sais j’ai testé : j’ai bouffé mon amulette un 15 février, depuis je galère à recracher des miettes qui ne s’assimilent pas ou plus. Comprendre, c'est combler une latence et donc rentrer dans le dur. Accepter une différente partition entre soi et l'autre et faire un effort. L’autre est un putain d’effort.

Je crois que c'est ce qui déconne en ce moment, on veut trouver le pourquoi à tout, et comprendre l'autre facilement. Alors on prend des raccourcis et l'on suppose qu'on se comprend tous. Et on oublie ce que signifie le mot "effort". L'effort se révèle douloureux, induit une assimilation peut-être regrettable car sur ce plan-ci n’a rien de métaphysique. D'autre ont résolu le problème : Rien n'est à comprendre, pas d'effort à fournir de leur côté, nous sommes différents et si ça finit par gêner, il suffit de tirer. Pan!
Au bout du compte, je suis rassurée, on ne se comprendra jamais.

14 juin 2016

Empreintes

Descente de week end, sous émotions perfusées. Papi mamie dans les cartons, cadre portrait décroché ramené à accrocher chez moi. Chez moi. Ce n'est plus la piaule de gamine de 15 piges la danseuse croquée au pastel, ce n'est plus les piaules d'étudiante baladées dans Paris ni même les premières années boîtes, celles-ci sont définitivement closes. Chez moi c'est une addition à moitié perdue dans l'épigénétique. A moitié sclérosée par la peur de faire mais peut-être surtout la peur de ne pas faire. Alors faudrait que je me retire les doigts du cerveau. Et arrêter les bilans. Le monde va s'écrouler et je n'aurai pas bougé.

09 avril 2016

JeruZalem

JeruZalem, ça commence comme un générique Marvel, le reste continue en une sorte de Projet Blair Witch 3.0, caméra numérique versus lunettes connectées (encore que les Google glasses n'en soient pas encore là). Ou bien Troll Hunter, plus récemment. Puis petit détour par des Racines et des Ailes pour la petite visite de Jérusalem. Et c’est là qu’on regrette de ne plus avoir 20 ans pour écumer les auberges de jeunesse avec des projets à très, très courts termes, car les rues du vieux Jérusalem sont sublimes. Alors j'ai loupé quelques Z morsures parce qu'il faut un peu de concentration quand on mange des sushis avec des baguettes en plastique. Et donc quoi, Google serait le symbole du mal... ? Et avec lui toute notre société de consommation, et quels dieux prie-t-on exactement sur le mur des lamentations ? Quoi d'autre à signaler encore dans ce petit film filmé à la dérobé. A la dérobé ? En effet, aucune autorisation de tournage n'a pu être délivrée à l'époque paraît-il, à moins que cela participe à la mythologie créée pour les amateurs du genre gore gentil qui chassent les références ciné, à commencé bien sûr par les clins d’œil aux productions de George A. Romero - et, avec l'envol du premier geek démon connecté, on est pas loin de la scène d'anthologie. Alors ok le scénario est léger et la dimension mystico/politico/religieuse ici est survolée, autant qu'un Godzilla écrasant une ville, symbolisant le traumatisme japonais post Hiroshima et Nagasaki... mais ce n'est pas le sujet, et oui : oui ce JeruZalem m'a rudement bien divertie !

01 février 2016

Il était une fois... melty

Alors là, je triche un peu, je recopie le billet que j'ai édité il y a peu sur mon deuxième blog "bocal and co". La raison en est simple, car si je cloisonne certaines notes selon le profil du blog, il n'en reste pas moins que mes yeux et mes oreilles aiment, ici ou là !
Photo prise par Théodore (3ans)
J'ai dévoré le livre de William Réjault sur l'aventure melty. Fan du parcours d'Alexandre Malsch, créateur de ce média entièrement consacré aux jeunes de 15 à 30 ans et du blogueur/journaliste ancien infirmier, je me devais d'y jeter un œil! J’avais une petite entreprise qui a capoté il y a 18 mois. Elle a existé pendant 17 ans… mais la crise économique nous a bouffés tout crus. A priori rien à voir avec une start-up, même si les différentes réflexions sur le choix d’une équipe et connaître nos domaines de compétences sont identiques.
Se casser la figure en France, c’est pas facile, c’est - peut-être - plus facile sûrement de créer une start-up... Alors pourquoi écris-je cela? Parce que la vision de l'entreprenariat d'Alexandre Malsch prend tout son sens. Pour cela je lui dis merci. Merci de rappeler que monter une boîte c'est d'abord de la passion. Puis du stress et du stress, des échecs à relever et encore de la passion. L’ego y est souvent malmené, les doutes… mais l'aventure melty prouve que l'on peut vaincre les monstres de fin de tableau !
Et moi, son témoignage me rebooste, Alexandre un bel exemple qui donne de très bonnes clés pour comprendre comment peut fonctionner une entreprise, et cela, quelque soit sa forme, sa taille. L'écriture de William Réjault est parfaite, nerveuse, dynamique et précise, elle est aussi empathique et sensible. Elle témoigne d'une belle rencontre entre deux univers qui a pour point commun le web. Et elle en a le style, tenu comme un blog avec ses articles formant chapitres, nommés suivant les rencontres avec les collaborateurs et associés d'Alexandre. Bravo.
la fiche sur Amazon

06 janvier 2016

Moi j'dis...

Ne plus les mots s'étalent. Alors les avaler avec la journée dans son grand verre de jus d'orange.

05 janvier 2016

Bon alors quoi, merde alors, Pierrot, mon ami, il pleut dehors, ouvre moi ta porte! Promis si tu ouvres, je laisse mes chaussures dans l'entrée.

Je me perds en conjectures : ton index a ripé sur mon profil? t'as viré tout le monde? j'ai perdu à ton jeu et bim bam boum dehors? Alors quoi je ne suis qu'une greluche, toi le maitre de ces lieux, ne peux-tu pas en compter une de plus? Il faut de tout pour faire un monde, et puis quand même je suis une greluche première classe. Alors quoi, j'ai mal répondu l'aut'jour? Tu veux que je m'allonge sur le canap' pour te raconter mes blocages. Je peux pas me voir en peinture, alors en photo... Je pars en vrille quand on me dis que je suis bandante, parce que tu vois je suis une femme voilée, là à l'intérieur. Un truc verrouillé depuis l'adolescence rapport à une féminité mal digérée sans doute. Pourtant je peux parler cul pendant des heures, pourtant je me noie dans des océans de plaisir... pourtant, oui je verrouille. Et ça ne m'aide pas à me sentir mieux, mais c'est la parade que j'ai trouvée. Et je sens bien que tous ces mots là étalés vont m'assécher à coup sûr. D'ailleurs je n'ai rien à déclarer, rien de profondément universel à fixer dans le marbre, je ne sais parler que de moi et finalement assez superficiellement. Je manie mal la géopolitique, j'ai une culture pop très partielle. Quelques souvenirs d'histoire de l'art, la danse en fond sonore. Voilà pour me vendre. La fille sexy c'est pas moi, c'est l'autre. C'est pour cela que je soliloque ici sans doute. Je n'ai rien dis d'aussi personnel d'ailleurs depuis des lustres. Même si je ne suis pas complétement honnête. Derrière un écran comment l'être? Et là tu vois en enfilant ces lettres au fur et à mesure, mon côté salope se réveille, mon capitalisme primaire enroulé dans mon cervelet embourgeoisé : je rentabilise. Si je ne dois plus rien écrire pour cause de vaginisme intellectuel, autant le recopier sur mon blog comme une ode à ma misère. Je marquerai ainsi pour toujours le jour où j'ai mendié. C'était jeudi. Alors quoi, Pierrot, mon ami...
Alors quoi je pourrais te demander comment toi tu vas? C'est vrai ça comment tu vas? C'est con mais en fait c'est peut-être la seule chose que j'aurais dû t'écrire.

Aller, je dépose "des j'aime" à ta porte. Sans mot ajouté, le clic comme une sonnette. T'en fais ce que tu veux. Un bouquet champêtre.

Janvier : an 1.
Mon baromètre me dit que mon monde s'est écroulé le 23 septembre 2014. Mais le vieux monde s'est écroulé en janvier 2015. 1 an, depuis les souvenirs se sont accrochés aux actes déroulant leurs puissances dramatiques. Méthodiquement et avec la télégénie du désenchantement.

Je m'étais dis qu'ils y été allés un peu fort chez Charlie Hebdo, quand même, pour parler de la liberté de la presse... inventer un attentat, c'était too much. Sauf que c'était pas pour rire.
Et puis plus rien n'était pour rire ensuite. Le monde bricolait ses histoires à rebondissements de violences tribales, de manipulations médiatiques. Je me souviens en septembre...

Une minuscule plume est tombée. Je l'ai rattrapée et là un léger rire s'est élevé. J'ai crié au ciel que les anges faisaient mal leur boulot. S'en est suivi un chuchotement, un bruissement, puis comme un grand choc. J'ai tourné la tête en tout sens... ai-je rêvé?
Je suis triste mais préfère mille désillusions aux cauchemars très réels s'échouant à nos frontières proches.

Et puis en novembre Bibi chat est tombé malade.
Il s’est retrouvé aux urgences pédiatriques jeudi 12 novembre, perfusé et avec moult autres tentacules qui faisaient clignoter de jolis écrans à l’autre bout. Sa deuxième nuit d’hôpital à inviter une drôle de sensation dans notre intimité. C’est la colocataire de notre chambre, qui, distribuant des nouvelles de son propre fiston à son téléphone, se fige, et se tourne vers moi et m’annonce : il y a des morts à Paris, plein de morts. Je me suis dit à son ton, que ce n’était sûrement pas normal. Encore une blague à la Charlie.
J’ai compris que des entités non terriennes nous étaient tombées dessus. Les martiens avaient débarqué et dirigé leur faisceaux déglingueurs pour nous prouver qu’ils n’étaient pas de notre monde et loin de notre logique jouisseuse. Nous faisons des enfants, les incubons, les accouchons, les allaitons pour qu’ils durent un peu. Les options pour qu’ils vivent heureux sont de plus en plus minces, nous le savions dès leur premier cri, certes, mais nous avons la mémoire du monde courte et nous nous partageons une intelligence humaine bâtie sur le plaisir rapide. Les aliens s’en foutent. Ils n’ont pas besoin d’intelligence, ils n’ont pas besoin de bonheur, ils ont besoin d’espace. Toujours un peu plus d’espace.


Depuis ? Depuis nous en sommes là à compter les jours qui nous séparent du bonheur d'être des humains.
Enfin pour ma part c'est un peu faux. J'ai un petit garçon qui va bientôt avoir trois ans. Et je l'aime. 

26 novembre 2015

Egrégore2

Animal transcendantal je suis.
Alors plus fort je bouffe du décibel, plus profond je baise, plus rempli je bois. Je me fonds dans mes égaux, et parce que j'ai la chance de vivre une ville enjolivée d'histoires anciennes, je me répands sur les terrasses proprettes, à rire et à chanter la vie pour l'oublier ou la refaire. Je me fonds dans mes congénères, choisis, recrutés selon affinité et les clique sur "Partager" pour oublier la vie ou la refaire. Et parce que j'ai la chance de pouvoir payer mon clic je peux me permettre de maudire cette vie qui nous offre ces clics, son toc et ces claques.

Cette vie qui nous attache aux autres transcendés et bourgeonnants, comme moi, d'excroissances extra-naturelles, a l'insolence d'exister aussi dans l'isolement des bois, dans le silence et la paix. Nous nous y abreuvons à l'occasion, voire nous nous y shootons, trouvons là encore une autre forme de transcendance.

Nous espérons parfois vouloir faire croître d'autres bourgeons débarrassés de néons, d'écrans et qui nous appellent parents de toutes leurs forces. Une spirale de vie, ou bien un moment qui passe? Nous y plongeons avec délice, humant leur crâne innocent, faisant briller nos larmes retenues dans leur miroir lisse. Cela ne dure qu'un instant car nous devons nous lever pour remplir nos frigos et continuer à cliquer, abandonnant l'illusion de l'éternité sereine et apprenons que les plaisirs simples ne sont pas des cadeaux mais des options à gagner.

10 octobre 2015

Egrégore1

Dessin de Fredo. http://byfredo.deviantart.com/


J’ai jeté un jour mon dévolu sur trois plumes, il y en a des millions d’autres c’est vrai, et c’est donc un peu fou. C’était il y a des milliard d’années, je m’en souviens, c’était un samedi. La température extérieure paraissait parfaite pour envelopper mon cerveau et le reste de mon corps dans une gelée tiède de matrice sereine. Pixel après pixel mes yeux s’ouvraient. Il y a des rencontres qui se font mais celles-ci n’eurent pas lieu.

Il y eut donc un poisson qui tournait inlassablement dans l’eau tumultueuse de l’Internet, vif, brillant, l’appétit aiguisé, avalant ce que la lucarne offrait de meilleure. Il lui a offert une fantastique ode. Il s’est aventuré dans les contrées sombres aussi, se cherchant des mots toujours plus nus, tel un sorcier du verbe toujours réinventé.
S’est-il perdu ? Sans doute comme nous tous. Comme tous les gens ultra sensibles et voyants.

Le monde a créé l’ultra monde qui permet de livrer ses pensées intimes au monde dans un feedback vertigineux. Et nos ADN se recombinent sans cesse dans ce flux permanent de signaux.
Est-ce que le poisson voulait être pêché ?

Qu’est-ce que je cherche, qu’est-ce que j’y trouve à part toujours une part de moi-même ailleurs chez les autres?

Nous voulons remplir l’espace, nous voulons créer l’espace. Nos univers de boues, de mousses et de bitumes n’étant plus assez grands. Cécile modelait la terre comme une excroissance à ses mots. Elle y déposait ses prières païennes. Elle voulait faire vivre des golems qui auraient combattu pour elle. Elle se forgeait une carapace avec des armes déposées devant sa porte.
Je veux vivre les fenêtres ouvertes, les ponts levis baissés et c’est précisément ce que le virtuel me donne l’impression de pouvoir faire.

Ma nudité comme une offrande à ceux à qui je veux plaire, ou même au monde sans restriction, sans les risques ou les contraintes, pourvu que l’on m’aime là où je ne suis pas.
Parce que le virtuel n’est qu’un jeu de déplacement. Déplacement du réel par définition, mais aussi parce que les mots posés sont réfléchis, les images choisies, l’instant maîtrisé.

Je pensais y être ce que je voulais, mais j’ai fini par me rendre compte que je ne suis que ce que je peux. Face à mes limites, là inscrites sur une page perdue dans le temps, lancée au passé.

Certes je peux appuyer sur le bouton pour disparaître…

Mais avant d’en terminer il y a la Tyrane qui danse à la tombée de la nuit. Une déesse protéiforme, tantôt enfant solaire, tantôt sorcière lunaire qui pourrait à elle seule nous faire regretter que tout s’arrête.
Elle m’a demandé ma main un jour. Pour que j’écrive avec elle la suite d’une histoire magique en 88 nuits… Si j’avais eu un contrat je l’aurais bien mal honoré. Parce que je suis une sale gosse. Parce que je suis une sale gosse.

Alors moi et mes autres mois, continuons à jouer encore un peu, prenons, donnons.

J’en parle au passé, ils sont pourtant toujours là, je les regarde bien rangés à droite de ma page Facebook leur lumière verte apaisante comme un phare au milieu des autres amis et aimés, appréciés, les anciens, les nouveaux, ceux de chairs, la famille.

29 septembre 2015

Bilan

Ça va mieux. Je crois que c'est fini. J'ai attendu un peu avant de l'écrire. Quelques mois.

Certains palais engloutissant mes larmes dorment désormais au fond de l'eau. Rien n'émerge à la surface. Calmes et miroitants, des ronds formant rêveries et éveils lucides troublent normalement, justement et simplement, comme le ferait une respiration régulière. Mon entreprise disparue, mon fils s'est révélé être un petit bonhomme solide. Je sais que je ne devrais pas dire cela, et j'ai tout fait pour le protéger de ma dépression, mais il m'a toutefois apporté quelques mouchoirs...
Je pense que j'ai joué le plus difficile des rôles et qu'il n'y avait peut-être que les chiottes dans lesquelles je m'enfermais qui connaissaient mon vrai visage alors. Quelques murs également ont entendu ma rage et quelques nuits m'ont laissée sur le rivage.
Enfin peut-être est-ce cela être adulte : cacher le pire aux gens qu'on aime, qu'on estime.
Ce qui va me rester : un sentiment de gâchis. De ce monstre qui me rongeait, je n'en ai rien tiré, rien de productif, pas une image, ni dessin, ni écriture, même pas un meurtre. Les mois se sont juste accumulés et puis le lac est de nouveau lisse, prêt peut-être à raconter une nouvelle histoire.

09 octobre 2014

Alors le 23 septembre 2014, j'ai perdu ma petite entreprise. C'est-à-dire, j'étais sur les Quinconces et je me suis retournée, elle n'était plus là. C'est vastes et venteux les Quinconces, tristes comme un dimanche. Bon elle m'a habillée pendant plus de 16 ans, j'imagine qu'il va falloir que je me désape de tout. A poil pour pouvoir avancer. A poil !

24 mars 2013

Théodore alias Gengis de Landerneau dort au bout de mon sein.

Il rêve aussi, je le vois bien. C'est une petite bête qui grogne, s'agite, s'énerve quand le lait ne vient pas assez vite, et quand il aura fini il sautera sur son mini cheval pour regagner son trône de futur Kahl dothraki au fond de la steppe du salon. Ça ou autre chose, il fera ce qu'il voudra... mais l'autre jour il m'a fait peur, quand il n'imite pas Nicolas Sarkozy, avec un haussement d'épaule très convaincant, il se marre très franchement quand François Hollande parle dans le téléviseur... j'aurais préféré plus de neutralité chez ce bébé quant à la politique. Dis, tu ne veux pas plutôt faire éleveur de nuages, ou bien compteur de moutons ? Allez fais dodo mon trésor.

Enfin sans doute rien n'est joué, je l'ai surpris hier à engueuler les animaux stickés sur le mur de sa chambre à coup de ahreu plein de reproches. C'est plein de vocalises trognonnes qu'il exerce, mais ce qu'il maitrise le mieux, ce sont les ahreu. Il maitrise grave, il est doué mon fils, il est fort, intelligent et pousse très bien, cela vient sans doute de l'excellent lait bio qu'il boit... en fait on en revient toujours à ça, au plaisir essentiel : le nichon. Dors mon chéri, dors.

D'ailleurs à la maison c'est open bar au Nibar Club, c'est bien simple c'est la foire aux tétons, ne venez pas sans prévenir SVP. J'ai bien conscience qu'avec le poitrail dénudé la moitié de la journée sous un tee-shirt très aéré, ça ne peut pas que me servir. Alors j'ai investi dans des tops de sexy mother sucker, parce qu'allaiter c'est bien mais commander des soutiens gorge en 90 C c'est presque comme investir dans un godemichet double pénétration, niveau phantasme. Un 90 C, non vraiment, tu vas oser Stéphanie ? oui tu peux, vas-y valide ton panier. Dors encore un peu chaton.

C'est fou comme on peut s'extasier sur tout ce qui sort de ce petit corps pas si fragile que ça (j'ai ouvert une porte avec sa tête une fois, ne le dîtes pas à son père). On l'encourage quand il pousse et on est pressé de voir le résultat. Dès fois cela se fait bien attendre et on partage le désarroi compréhensif de Théodore. Dès fois même on est là à surveiller, la couche déballée et on rit tous de concert quand le cadeau arrive enfin. Il est joyeux notre fils quand il fait caca ! C'est une belle journée où il est permis de grogner de plaisir la bouche pleine de lait. Parce que pour que ça sorte, il faut que ça rentre. Dodo dodo, tout doux bébé.

Une bonne journée est une journée qui se termine par un bain. On nous a dit que le bain détendait les nourrissons... pas pour Gengis de Landerneau, l'eau c'est son élément surtout quand elle déborde, elle tourbillonne, se soulève, écume et s'écrase sur le bord de la baignoire. Théodore brave les vagues et s'emploie secrètement à atteindre des rivages lointains, le tout en riant de tout son cœur et battant vigoureusement des jambes.
Je pense qu'assister à la scène de loin pourrait faire croire à une noyade. Or il s'agit plutôt d'une tempête joyeuse où l'on récupère un bébé propre mais surexcité. Souvent c'est là que je me retrouve avec un piranha accroché qui souvent s'énerve après une tétée trop lente et finit par prendre mon téton pour un chewing-gum.
Alors du calme mon poussin, du calme.

Et quand il pleure en ce réveillant croyant qu'il va très sûrement mourir de faim, je vous assure que la première lampée prise tombe en sonnant comme dans une citerne vide.
Alors oui mon ange, tu te réveilles, bonjour, c'est maman, je suis la voix qui te parle derrière ce sein.

23 décembre 2012

Un mois.

Je me rends compte...
Il y a quelques mois j'essayais de réunir tout de ma vie d'avant, de profiter de tout avant qu'elle ne change. Peur panique parfois, malgré le choix, assumé, réfléchi, voulu et enthousiaste, il y a eu quelques réveils en larme et promesse que S. devait tenir : nous serons trois, mais nous serons deux aussi, toutes les fois qu'il sera possible. Aujourd'hui je me surprends à être impatiente... presque. Et même si je pense de temps en temps qu'il s'agit d'un jeu dans lequel je tiens un rôle impensable, je trouve le costume de moins en moins large, je me sens crédible, et je crois que je pourrais même y apporter ma touche, j'imagine même qu'il n'y aura rien à sacrifier de ce que j'étais. Il aura mon lait, ma tendresse et mes levés nocturnes. Il aura ma vigilance, mes inquiétudes, ma patience et mon impatience. Il aura mon amour et mes pensées entières, dévorantes quand je le confierai à d'autres. Il aura bien sûr mes premières colères, fessées sans doute aussi et puis mes histoires d'escargot, mes jeux improbables et les dessins sur le sable. Il aura les recettes inventées, les départs précipités, les oublis de rendez-vous pénibles, les rattrapages et les plans sur la comètes. Il aura le monde à réinventer, les grottes à creuser pour nous y retrouver tous les trois, pour nous y forger tous les trois, pour nous y blottir contre le monde et quelques sorties au monde aussi. Il aura le monde à franchir, à découvrir au creux des paumes et des sourires, et je l'y aiderai.
Un mois encore. Enfin c'est lui qui décidera.

27 août 2012

Petit poisson

Alors un petit bâton blanc m'a dit qu'il y avait une ligne jumelle à la ligne témoin. C'était donc lancé. Le compte à rebours de 9 à maintenant. Encore fallait il qu'il tienne, s'accroche, ce petit poisson dans mon bocal. Je n'ai même pas envisagé que cela ne fonctionne pas, sans doute par défis, car il y a des choses à réussir. Très concrètes, des méthodes à appliquer. Je dirais que c'était une sensation proche de la tâche à effectuer. Le reste, l'émotion, c'est venu plus tard. D'abord la satisfaction d'aborder le troisième mois, d'avoir eu à affronter les nausées et d'entendre dire en récompense que "tout va bien". Aujourd'hui c'est un peu différent, le poisson est un pt'tit mec. Tout va toujours bien. Et je sens des bourgeons de bonheur me pousser comme un printemps qui s'annonce. J'ai fait mon job de lancement, résister aux câlins du chat, à la mousse fraiche en terrasse, au melon-jambon-porto. Maintenant je suis dans une sorte de routine sécuritaire qui me permet de me dégager de l'angoisse de le perdre, ou même de faire pousser un petit être mal fichu. Il va bien je vais bien. Je couve aujourd'hui la mère en moi de demain.

17 septembre 2011

Premier pas

Chaque fois c'est pareil .
Allez c'est pas grave, viens.
Oui mais après, tu sais l'après ? La courbe, l'euphorie, on y croit, on est transporté, on existe plus fort et puis on redescend.
Et alors, on n'y est pas encore.
Non pourtant j'ai presque déjà envie de pleurer.
Mais on n'a pas fait deux mètres...
Et voilà, tu le dis, c'est déjà derrière.
... Pff tu gaches tout.
Alors je n'y vais pas.
T'es pénible.
T'as pas peur toi ?
Si mais je veux voir.
Moi aussi...
Alors viens on y va.
Qui c'est qui paie ?
C'est gratuit.
M'étonnerait, y a jamais rien de gratuit.
Je te l'ai déjà dit peut-être...
Quoi ?
Que t'étais pénible.
Oui mais tu comprends la vie est meilleure fantasmée plutôt que vécue non ?
Okay, la réalité est souvent chiante je te l'accorde, mais prendre tous ces trucs nouveaux dans la gueule - pour de vrai - c'est...
... la déception, le désespoir, la tristesse infinie, la mort...
C'est dingue ça, on y va à cette putain de fête foraine, oui ou merde ?!!
...


05 septembre 2011

S.

Je vais arrêter d'écrire sur le mur au-dessus de ma tête, sur ma peau au-dessous des mes hanches. Je vais arrêter de tracer les mots que tu ne dis pas, je vais arrêter d'apprendre ceux que je tais. Je vais acheter un cahier de musique pour y accrocher ma voix qui s'essouffle et puis y sécher un peu mes pleurs aussi. Et puis on va parler un jour, en vrai, dis, lorsque tu auras retrouver l'adresse de chez nous ?

27 août 2011

God of War



Nous avons finalement peu d'occasion de nous en remettre au hasard. Nos vies sont justes faites pour les choix. Tout juste modelées pour nous donner l’occasion de nous servir de nos rouages, nos agendas, décortiquer les enjeux et les conséquences de nos coups de téléphone. Les issues sont rarement celles surlignées sur nos plans, alors nous nous battons pour qu'elles ressemblent vaguement à la ligne tirée. Nous passons notre temps à rajuster le trait et à tenter de devenir les vecteurs de nos envies sans en être les boss. Parce que faut pas déconner, on est pas si naïfs.

Un jour j'ai lancé les dés pour voir. Pour décompter. Pour me laisser rattraper... peut-être.
Je regardé mes désirs étalés comme des cartes, classés par code couleur et la toupie s'est mise à tourner. A 1, j'ai senti quelque chose doucement arriver, la force de l’inattendu et de l'inhabituel sûrement ; l'aventure au bout du goulot, éthyliquement étonnée, j'étais convaincue et décidée. M'accrocher à l'ivresse de la vitesse. La droite, les deux points A et B, y arriver le plus vite possible, le plus vite possible. Mon Gran Turismo à moi. A 2, vaguement étourdie par le manège enchanté, j'ai dû m'encourager pour rester sur le champ de bataille. Mais Chef, c'est là que j'ai commencé à paniquer, tu vois, enfin, j'ai chercher d'autres combattants pour soutenir la raison. J'ai rassemblé mes cartouches. Les rafales sous les paupières, les bombes dans l'estomac. A 3, la guerre s'était jouée sans moi, la toupie avait disparu sous le meuble télé. A 4, je n'ai pas très bien compris ce qu'on essayait de m'expliquer : qui avait gagné, qui avait perdu ?
La stratégie du désir m'a indéniablement blessée dans le dernier round, une fois les éclairs asséchés. Mais alors quoi Chef pourquoi cette guerre ?


23 août 2011

Bonheur

Je me rappelle les murs de lierres qui faisaient des vagues verticales, les marteaux en bois d'une machine à roue qui hypnotisaient au hasard parmi la foule. Je me rappelle les fréquences, je me rappelle les mantras de pierre, les pendules et les cycles, où happée, je laissais le bruit derrière se fondre en une bouillie ronronnante. Les pressés passaient, les hypnotisés souriaient bêtement installés dans un cocon limpide. Heureux d'un bonheur sans enchères.

21 août 2011

touche pause

"Et là je sais qu'il m'aime pareil, tellement qu'à l'intérieur on y joue des scènes tragico lyriques, ça bouillonne, on se greffe, on s'accroche l'un à l'autre, et moi qui n'avait pas peur de grand chose j'ai désormais peur de perdre ça, ce bout de moi qui est lui."

Les mots ont été prononcés, ils ont été incarnés et ils ont été couchés. Et là ils reposent comme une armure fragile, clignotants, tels un phare témoin, pour toujours circonscrits dans la plus reposante des tombes.

15 août 2011

Archéologie intime

Je remonte encore le rail, j'extrais, je cherche encore, je ne me souvenais pas de toutes ces strates et la douleur remonte bien sûr le long de certaines lignes extraites. A force de pêcher dans ses souvenirs miroitants on se prend un coup de soleil et des coups de kitschissimes je t'aime. Putain l'escargot évolue mon vieux !
Je dois trouver la méthodologie. A rendre avant mardi.

14 août 2011



Il fut un temps où j'aurais voulu que l'on me braque comme une banque sans trésor mais sécurisée, j'aurais aimé que l'on m’enlève comme une princesse sans royaume mais avec une tour lointaine dans les nuages. C'était hier et aujourd'hui je remonte soigner mes fantasmes fanés avec quelques ersatz polis. Ce que je fus , ce que je fis, ce dont je rêvais roulent quelques mètres plus loin me forçant à allonger le pas et à serrer les points/poings. J'ai beaucoup aimé ces rêves mais je vais peut-être finalement les laisser rouler sans moi et leur trouver d'autres propriétaire. Je vais m'en fabriquer des moins rapides. Plus adaptés.

13 août 2011

Pouet

Moi la maitresse de basse cour, au milieu des miens poulets je foutrai bien un bon coup d'ergots là où certains culs trainent dans le poulailler de ma vie.

12 août 2011

Dérèglement lunaire

Cyclothymie chérie viens te blottir entre mes bras ; entre deux tempêtes tu me donnes de jolies visions étranges qui me laissent sans yeux. A partager ou à taire tes flash je m'ouvre le crâne, je m'explose la rétine, je crève de rire.
Dis-moi pourquoi je ne peux plus t'entendre les soirs impairs. A moins que ce ne soit les soirs verts. En vrai, je te soupçonne d'être un peu mac sur les bords, tu me demandes des trucs pas croyables avec les mots des fois. Disons que je paye beaucoup de ma personne lorsque mes sens m'étouffent de trop d'émotions étalées, que je m'écroule sous mon indifférence fière comme un étendard. J'ai dû bousiller le VU-mètre. Alors je tente de contenir ce qu'il reste à contenir, avec beaucoup de doute.
Cyclothymie chérie regarde moi piquer ma crise au beau milieu des rayons surgelés, sortir en criant putain fait chier, bordel de merde, sortir du saloon, du ring, de l'arène sans me soucier de ceux qui restent derrière. Eux pas comprendre. Regarde moi sourire, apaisée, les soirs de nuages grandioses, étalant leur boursoufflures argentés, comme une peinture pompier.
Moi pas toujours facile à suivre.

Moi j'dis...

Je suis morte de fatigue mais contente et un peu morveuse de me sentir si fatiguée avec si peu de contrariétés...
(je sais je sais, deux claques)

05 août 2011

Tel est le gramme

Ici mon baiser à prendre comme un jour qui joue à Avril. Stop. Je suis passée total à l'ouest dernièrement. Stop. Je sème des bouts de neurones tous les 30 mètres. Stop. Toute enfance est traumatisante pour ceux qui ne veulent pas être adultes. Stop. Parce que je suis devenue celle que je suis, le reste n'a plus d'importance. Stop. Sauf pour les mots que j'utilise. Stop. Pour les histoires que je n'écris pas. Stop. Pour les choix qui ont été induits à mon insu. Stop. Alors je caresse mon subconscient. Stop. Alors dès fois oui je nourris mes cauchemars. Stop.
PS : Ne pas oublié. Bisou suspendu au vestiaire. Numéro 017, tu demanderas à la dame pipi qui est très polyvalente (la dame du vestiaire est en congés).

10 juillet 2011

Moi j'dis...

Ma famille est trop proche, mes amis sont trop loin. Je sais pas à qui parler.

04 juin 2011

Moi j'dis...

que je risque de tomber dans un espace parallèle où le monde se déroule plus vite et il sera 22h37 quand je commencerai à hurler à la mort en gueulant que personne ne vient me sauver et même je mourrais de faim sur mon clavier l’œil tiré par deux agrafes pour qu'il reste ouvert et la bouche béante parce que je me dessèche sur le labeur vu que l'autre là il est pareil dans le même espace infernal où la vie oublie le temps le soleil la vie elle-même la faim le chat qui miaule sous la pluie d'orage le thé qui bout depuis cinq heures les muscles qui s’atrophient lentement lentement le fauteuil qui s'incruste non c'est trop non c'est trop c'est trop horrrrible et personne ne bougerait et il sera trop tard quand les dents tombent c'est trop tard alors on nous retrouverait mort de faim et de soif de chaud et les rétines explosées même ma mère elle s'en fout elle est partie en week end et mon père aussi avec elle tient y a plus qu'à espérer que les acariens bouffent la prise électrique et que je...

24 mai 2011

Tchin tchin

Douce soirée, toi qui me lit, moi qui dort encore. Bisou dans ton déca. Bonjour tout fatigué de sommeil à peine dégagé de mes yeux collés. A peine je bouge, à peine je parle et vite à moi se ramènent les bribes d'hier. Déjà se rappelle le jour, déjà se rondellent les mots, sur la tranche de pain tout juste pétri. Cases, croix, cases, croix. A faire et à défaire. De retour à demain j'ai le temps qui se prélasse au soleil flétrissant. Roses, mauves, légères éraflures dans la page soyeuse qui se tourne et où la lune se pose. Sur mon au revoir léger léger comme la brise qui se lève, je lève le verre. A ce matin !