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15 septembre 2017

10/10 !

Quand 10 jours après la rentrée scolaire ton fils te dit tous les soirs que l'école c'était bien : tu te sens légère légère et tu te remémores la galère de l'année précédente. Oubliés l'ennui permanent qu'"on" te rapportait quotidiennement, la méchanceté (toute relative certes, mais peut-être pouvons-nous parler de rigidité pour rester délicat) de la maîtresse et la classe de bébés où "on" était enfermé. Oubliés les rendez-vous avec la directrice, la psy sco, le pédo-psy et les tests : cette année "on" est en classe double niveau et la maîtresse est adepte des méthodes Montessori et Freinet... J'ai cru que j'allais rouler une pelle à ce professeur providentiel. En plus Junior la trouve aussi jeune que moi (héhé, ça c'est du critère). Nous, les géniteurs, avions eu le droit l'année dernière lors d'un entretien entre 3 paires d'yeux dont celle de la matonne, à : "les enfants en petite section sont là pour apprendre à être élève"... Bien ! madame la maîtresse, avec cette méthode, Junior s'était carrément mis en grève. Là, en 10 jours, son goût pour les chiffres et la (pré)lecture, se sont remis en route d'un seul coup, sa machine à rêves est devenue plus grande, il nourrit ses ambitions d'enfants et il re-dessine enfin avec plaisir... et, désormais nous avons des petits déjeuners sereins. C'est bon pour le transit.

02 décembre 2016

Va donc en classe si tu veux relever le niveau scolaire français !

Amis professeurs, je vous aime (mais enfin pas tous) !
Et c'est pas parce que je m'y emmerdais grave, dans ces classes, que je vous en tiens rigueur.

Vous utilisez pour beaucoup d'entre vous, de plus en plus, des outils dits "alternatifs", comme intégrer une chèvre en classe pour la traire et vendre les fromages sur vos kermesses, ou bien faire pousser des melons, de l'ananas et des cranberrys pour vous concocter des Sex on the Beach pendant la récré. Vous cherchez, vous êtes curieux, vous essayez d'appliquer en classe certaines méthodes plus ou moins rigolotes. Par exemple la position du pigeon est sympa, mais il paraît que Jules s'est tout emmêlé la dernière fois. Voilà vous êtes des enseignants ouverts, j'en suis convaincue et je le vois, dans la classe de mon fils, pour commencer, dans celles des autres, ensuite, pour avoir beaucoup discuté avec d'autres parents. C'est sûrement un métier ingrat car il vous manque des moyens, peut-être même pour certains une latitude, et je crois que c'est là problème. Certes, il y a le programme... et puis il y a nous les parents. Des emmerdeurs patentés, qui demandent tout de vous, que nos petits lisent dès leur première année de maternelle et passent leur bac à 15 ans.

Enfin nos désirs les plus avouables sont peut être que nos enfants partent à l'école en chantant le cœur tout plein de youkaïdi youkaïda, enhardi à l'idée de se confronter à de nouveaux savoirs, de nouveaux défis, pour certains ce sera d'arrêter de cracher sur les voisins, ou de se lancer dans une contrebande lucrative de tétines. Bon, pour de vrai, c'est ici que je m'étonne : pourquoi ne voit-on pas plus d'enfants joyeux d'aller à l'école, par envie, non pour la cour de récré et leurs affreuses cartes Schtroumpfs à dealer - ça, c'est ce qui permet de les motiver - mais pour la classe elle-même ?

L'article est là : Potentiel gâché ?

05 janvier 2016

Bon alors quoi, merde alors, Pierrot, mon ami, il pleut dehors, ouvre moi ta porte! Promis si tu ouvres, je laisse mes chaussures dans l'entrée.

Je me perds en conjectures : ton index a ripé sur mon profil? t'as viré tout le monde? j'ai perdu à ton jeu et bim bam boum dehors? Alors quoi je ne suis qu'une greluche, toi le maitre de ces lieux, ne peux-tu pas en compter une de plus? Il faut de tout pour faire un monde, et puis quand même je suis une greluche première classe. Alors quoi, j'ai mal répondu l'aut'jour? Tu veux que je m'allonge sur le canap' pour te raconter mes blocages. Je peux pas me voir en peinture, alors en photo... Je pars en vrille quand on me dis que je suis bandante, parce que tu vois je suis une femme voilée, là à l'intérieur. Un truc verrouillé depuis l'adolescence rapport à une féminité mal digérée sans doute. Pourtant je peux parler cul pendant des heures, pourtant je me noie dans des océans de plaisir... pourtant, oui je verrouille. Et ça ne m'aide pas à me sentir mieux, mais c'est la parade que j'ai trouvée. Et je sens bien que tous ces mots là étalés vont m'assécher à coup sûr. D'ailleurs je n'ai rien à déclarer, rien de profondément universel à fixer dans le marbre, je ne sais parler que de moi et finalement assez superficiellement. Je manie mal la géopolitique, j'ai une culture pop très partielle. Quelques souvenirs d'histoire de l'art, la danse en fond sonore. Voilà pour me vendre. La fille sexy c'est pas moi, c'est l'autre. C'est pour cela que je soliloque ici sans doute. Je n'ai rien dis d'aussi personnel d'ailleurs depuis des lustres. Même si je ne suis pas complétement honnête. Derrière un écran comment l'être? Et là tu vois en enfilant ces lettres au fur et à mesure, mon côté salope se réveille, mon capitalisme primaire enroulé dans mon cervelet embourgeoisé : je rentabilise. Si je ne dois plus rien écrire pour cause de vaginisme intellectuel, autant le recopier sur mon blog comme une ode à ma misère. Je marquerai ainsi pour toujours le jour où j'ai mendié. C'était jeudi. Alors quoi, Pierrot, mon ami...
Alors quoi je pourrais te demander comment toi tu vas? C'est vrai ça comment tu vas? C'est con mais en fait c'est peut-être la seule chose que j'aurais dû t'écrire.

Aller, je dépose "des j'aime" à ta porte. Sans mot ajouté, le clic comme une sonnette. T'en fais ce que tu veux. Un bouquet champêtre.

10 octobre 2015

Egrégore1

Dessin de Fredo. http://byfredo.deviantart.com/


J’ai jeté un jour mon dévolu sur trois plumes, il y en a des millions d’autres c’est vrai, et c’est donc un peu fou. C’était il y a des milliard d’années, je m’en souviens, c’était un samedi. La température extérieure paraissait parfaite pour envelopper mon cerveau et le reste de mon corps dans une gelée tiède de matrice sereine. Pixel après pixel mes yeux s’ouvraient. Il y a des rencontres qui se font mais celles-ci n’eurent pas lieu.

Il y eut donc un poisson qui tournait inlassablement dans l’eau tumultueuse de l’Internet, vif, brillant, l’appétit aiguisé, avalant ce que la lucarne offrait de meilleure. Il lui a offert une fantastique ode. Il s’est aventuré dans les contrées sombres aussi, se cherchant des mots toujours plus nus, tel un sorcier du verbe toujours réinventé.
S’est-il perdu ? Sans doute comme nous tous. Comme tous les gens ultra sensibles et voyants.

Le monde a créé l’ultra monde qui permet de livrer ses pensées intimes au monde dans un feedback vertigineux. Et nos ADN se recombinent sans cesse dans ce flux permanent de signaux.
Est-ce que le poisson voulait être pêché ?

Qu’est-ce que je cherche, qu’est-ce que j’y trouve à part toujours une part de moi-même ailleurs chez les autres?

Nous voulons remplir l’espace, nous voulons créer l’espace. Nos univers de boues, de mousses et de bitumes n’étant plus assez grands. Cécile modelait la terre comme une excroissance à ses mots. Elle y déposait ses prières païennes. Elle voulait faire vivre des golems qui auraient combattu pour elle. Elle se forgeait une carapace avec des armes déposées devant sa porte.
Je veux vivre les fenêtres ouvertes, les ponts levis baissés et c’est précisément ce que le virtuel me donne l’impression de pouvoir faire.

Ma nudité comme une offrande à ceux à qui je veux plaire, ou même au monde sans restriction, sans les risques ou les contraintes, pourvu que l’on m’aime là où je ne suis pas.
Parce que le virtuel n’est qu’un jeu de déplacement. Déplacement du réel par définition, mais aussi parce que les mots posés sont réfléchis, les images choisies, l’instant maîtrisé.

Je pensais y être ce que je voulais, mais j’ai fini par me rendre compte que je ne suis que ce que je peux. Face à mes limites, là inscrites sur une page perdue dans le temps, lancée au passé.

Certes je peux appuyer sur le bouton pour disparaître…

Mais avant d’en terminer il y a la Tyrane qui danse à la tombée de la nuit. Une déesse protéiforme, tantôt enfant solaire, tantôt sorcière lunaire qui pourrait à elle seule nous faire regretter que tout s’arrête.
Elle m’a demandé ma main un jour. Pour que j’écrive avec elle la suite d’une histoire magique en 88 nuits… Si j’avais eu un contrat je l’aurais bien mal honoré. Parce que je suis une sale gosse. Parce que je suis une sale gosse.

Alors moi et mes autres mois, continuons à jouer encore un peu, prenons, donnons.

J’en parle au passé, ils sont pourtant toujours là, je les regarde bien rangés à droite de ma page Facebook leur lumière verte apaisante comme un phare au milieu des autres amis et aimés, appréciés, les anciens, les nouveaux, ceux de chairs, la famille.

24 mars 2013

Théodore alias Gengis de Landerneau dort au bout de mon sein.

Il rêve aussi, je le vois bien. C'est une petite bête qui grogne, s'agite, s'énerve quand le lait ne vient pas assez vite, et quand il aura fini il sautera sur son mini cheval pour regagner son trône de futur Kahl dothraki au fond de la steppe du salon. Ça ou autre chose, il fera ce qu'il voudra... mais l'autre jour il m'a fait peur, quand il n'imite pas Nicolas Sarkozy, avec un haussement d'épaule très convaincant, il se marre très franchement quand François Hollande parle dans le téléviseur... j'aurais préféré plus de neutralité chez ce bébé quant à la politique. Dis, tu ne veux pas plutôt faire éleveur de nuages, ou bien compteur de moutons ? Allez fais dodo mon trésor.

Enfin sans doute rien n'est joué, je l'ai surpris hier à engueuler les animaux stickés sur le mur de sa chambre à coup de ahreu plein de reproches. C'est plein de vocalises trognonnes qu'il exerce, mais ce qu'il maitrise le mieux, ce sont les ahreu. Il maitrise grave, il est doué mon fils, il est fort, intelligent et pousse très bien, cela vient sans doute de l'excellent lait bio qu'il boit... en fait on en revient toujours à ça, au plaisir essentiel : le nichon. Dors mon chéri, dors.

D'ailleurs à la maison c'est open bar au Nibar Club, c'est bien simple c'est la foire aux tétons, ne venez pas sans prévenir SVP. J'ai bien conscience qu'avec le poitrail dénudé la moitié de la journée sous un tee-shirt très aéré, ça ne peut pas que me servir. Alors j'ai investi dans des tops de sexy mother sucker, parce qu'allaiter c'est bien mais commander des soutiens gorge en 90 C c'est presque comme investir dans un godemichet double pénétration, niveau phantasme. Un 90 C, non vraiment, tu vas oser Stéphanie ? oui tu peux, vas-y valide ton panier. Dors encore un peu chaton.

C'est fou comme on peut s'extasier sur tout ce qui sort de ce petit corps pas si fragile que ça (j'ai ouvert une porte avec sa tête une fois, ne le dîtes pas à son père). On l'encourage quand il pousse et on est pressé de voir le résultat. Dès fois cela se fait bien attendre et on partage le désarroi compréhensif de Théodore. Dès fois même on est là à surveiller, la couche déballée et on rit tous de concert quand le cadeau arrive enfin. Il est joyeux notre fils quand il fait caca ! C'est une belle journée où il est permis de grogner de plaisir la bouche pleine de lait. Parce que pour que ça sorte, il faut que ça rentre. Dodo dodo, tout doux bébé.

Une bonne journée est une journée qui se termine par un bain. On nous a dit que le bain détendait les nourrissons... pas pour Gengis de Landerneau, l'eau c'est son élément surtout quand elle déborde, elle tourbillonne, se soulève, écume et s'écrase sur le bord de la baignoire. Théodore brave les vagues et s'emploie secrètement à atteindre des rivages lointains, le tout en riant de tout son cœur et battant vigoureusement des jambes.
Je pense qu'assister à la scène de loin pourrait faire croire à une noyade. Or il s'agit plutôt d'une tempête joyeuse où l'on récupère un bébé propre mais surexcité. Souvent c'est là que je me retrouve avec un piranha accroché qui souvent s'énerve après une tétée trop lente et finit par prendre mon téton pour un chewing-gum.
Alors du calme mon poussin, du calme.

Et quand il pleure en ce réveillant croyant qu'il va très sûrement mourir de faim, je vous assure que la première lampée prise tombe en sonnant comme dans une citerne vide.
Alors oui mon ange, tu te réveilles, bonjour, c'est maman, je suis la voix qui te parle derrière ce sein.

23 décembre 2012

Un mois.

Je me rends compte...
Il y a quelques mois j'essayais de réunir tout de ma vie d'avant, de profiter de tout avant qu'elle ne change. Peur panique parfois, malgré le choix, assumé, réfléchi, voulu et enthousiaste, il y a eu quelques réveils en larme et promesse que S. devait tenir : nous serons trois, mais nous serons deux aussi, toutes les fois qu'il sera possible. Aujourd'hui je me surprends à être impatiente... presque. Et même si je pense de temps en temps qu'il s'agit d'un jeu dans lequel je tiens un rôle impensable, je trouve le costume de moins en moins large, je me sens crédible, et je crois que je pourrais même y apporter ma touche, j'imagine même qu'il n'y aura rien à sacrifier de ce que j'étais. Il aura mon lait, ma tendresse et mes levés nocturnes. Il aura ma vigilance, mes inquiétudes, ma patience et mon impatience. Il aura mon amour et mes pensées entières, dévorantes quand je le confierai à d'autres. Il aura bien sûr mes premières colères, fessées sans doute aussi et puis mes histoires d'escargot, mes jeux improbables et les dessins sur le sable. Il aura les recettes inventées, les départs précipités, les oublis de rendez-vous pénibles, les rattrapages et les plans sur la comètes. Il aura le monde à réinventer, les grottes à creuser pour nous y retrouver tous les trois, pour nous y forger tous les trois, pour nous y blottir contre le monde et quelques sorties au monde aussi. Il aura le monde à franchir, à découvrir au creux des paumes et des sourires, et je l'y aiderai.
Un mois encore. Enfin c'est lui qui décidera.

27 août 2011

God of War



Nous avons finalement peu d'occasion de nous en remettre au hasard. Nos vies sont justes faites pour les choix. Tout juste modelées pour nous donner l’occasion de nous servir de nos rouages, nos agendas, décortiquer les enjeux et les conséquences de nos coups de téléphone. Les issues sont rarement celles surlignées sur nos plans, alors nous nous battons pour qu'elles ressemblent vaguement à la ligne tirée. Nous passons notre temps à rajuster le trait et à tenter de devenir les vecteurs de nos envies sans en être les boss. Parce que faut pas déconner, on est pas si naïfs.

Un jour j'ai lancé les dés pour voir. Pour décompter. Pour me laisser rattraper... peut-être.
Je regardé mes désirs étalés comme des cartes, classés par code couleur et la toupie s'est mise à tourner. A 1, j'ai senti quelque chose doucement arriver, la force de l’inattendu et de l'inhabituel sûrement ; l'aventure au bout du goulot, éthyliquement étonnée, j'étais convaincue et décidée. M'accrocher à l'ivresse de la vitesse. La droite, les deux points A et B, y arriver le plus vite possible, le plus vite possible. Mon Gran Turismo à moi. A 2, vaguement étourdie par le manège enchanté, j'ai dû m'encourager pour rester sur le champ de bataille. Mais Chef, c'est là que j'ai commencé à paniquer, tu vois, enfin, j'ai chercher d'autres combattants pour soutenir la raison. J'ai rassemblé mes cartouches. Les rafales sous les paupières, les bombes dans l'estomac. A 3, la guerre s'était jouée sans moi, la toupie avait disparu sous le meuble télé. A 4, je n'ai pas très bien compris ce qu'on essayait de m'expliquer : qui avait gagné, qui avait perdu ?
La stratégie du désir m'a indéniablement blessée dans le dernier round, une fois les éclairs asséchés. Mais alors quoi Chef pourquoi cette guerre ?


23 août 2011

Bonheur

Je me rappelle les murs de lierres qui faisaient des vagues verticales, les marteaux en bois d'une machine à roue qui hypnotisaient au hasard parmi la foule. Je me rappelle les fréquences, je me rappelle les mantras de pierre, les pendules et les cycles, où happée, je laissais le bruit derrière se fondre en une bouillie ronronnante. Les pressés passaient, les hypnotisés souriaient bêtement installés dans un cocon limpide. Heureux d'un bonheur sans enchères.

21 août 2011

touche pause

"Et là je sais qu'il m'aime pareil, tellement qu'à l'intérieur on y joue des scènes tragico lyriques, ça bouillonne, on se greffe, on s'accroche l'un à l'autre, et moi qui n'avait pas peur de grand chose j'ai désormais peur de perdre ça, ce bout de moi qui est lui."

Les mots ont été prononcés, ils ont été incarnés et ils ont été couchés. Et là ils reposent comme une armure fragile, clignotants, tels un phare témoin, pour toujours circonscrits dans la plus reposante des tombes.

13 août 2011

Pouet

Moi la maitresse de basse cour, au milieu des miens poulets je foutrai bien un bon coup d'ergots là où certains culs trainent dans le poulailler de ma vie.

05 août 2011

Tel est le gramme

Ici mon baiser à prendre comme un jour qui joue à Avril. Stop. Je suis passée total à l'ouest dernièrement. Stop. Je sème des bouts de neurones tous les 30 mètres. Stop. Toute enfance est traumatisante pour ceux qui ne veulent pas être adultes. Stop. Parce que je suis devenue celle que je suis, le reste n'a plus d'importance. Stop. Sauf pour les mots que j'utilise. Stop. Pour les histoires que je n'écris pas. Stop. Pour les choix qui ont été induits à mon insu. Stop. Alors je caresse mon subconscient. Stop. Alors dès fois oui je nourris mes cauchemars. Stop.
PS : Ne pas oublié. Bisou suspendu au vestiaire. Numéro 017, tu demanderas à la dame pipi qui est très polyvalente (la dame du vestiaire est en congés).

04 juin 2011

Moi j'dis...

que je risque de tomber dans un espace parallèle où le monde se déroule plus vite et il sera 22h37 quand je commencerai à hurler à la mort en gueulant que personne ne vient me sauver et même je mourrais de faim sur mon clavier l’œil tiré par deux agrafes pour qu'il reste ouvert et la bouche béante parce que je me dessèche sur le labeur vu que l'autre là il est pareil dans le même espace infernal où la vie oublie le temps le soleil la vie elle-même la faim le chat qui miaule sous la pluie d'orage le thé qui bout depuis cinq heures les muscles qui s’atrophient lentement lentement le fauteuil qui s'incruste non c'est trop non c'est trop c'est trop horrrrible et personne ne bougerait et il sera trop tard quand les dents tombent c'est trop tard alors on nous retrouverait mort de faim et de soif de chaud et les rétines explosées même ma mère elle s'en fout elle est partie en week end et mon père aussi avec elle tient y a plus qu'à espérer que les acariens bouffent la prise électrique et que je...

24 mai 2011

Tchin tchin

Douce soirée, toi qui me lit, moi qui dort encore. Bisou dans ton déca. Bonjour tout fatigué de sommeil à peine dégagé de mes yeux collés. A peine je bouge, à peine je parle et vite à moi se ramènent les bribes d'hier. Déjà se rappelle le jour, déjà se rondellent les mots, sur la tranche de pain tout juste pétri. Cases, croix, cases, croix. A faire et à défaire. De retour à demain j'ai le temps qui se prélasse au soleil flétrissant. Roses, mauves, légères éraflures dans la page soyeuse qui se tourne et où la lune se pose. Sur mon au revoir léger léger comme la brise qui se lève, je lève le verre. A ce matin !

15 mai 2011

Douce soeur


J'ai les doigts dans la bouche, et les ongles au bout. De belles notes, des mots blitz aussi. De la tête à l'encre. De la mare à boue qui ficelle, du sel et des états d'âme, jolie dame. Jolie bouche, qui me laisse sans voix, étranges visions qui me laissent sans yeux. Les jeux acrobatiques de notre Amitié me manquent. J'ai copié ton A, je ne réponds pas sur le i, je te laisse à la douceur du jour. Il est l'heure de faire beau.

08 mai 2011

Déluge


J.M.W Turner (1775-1851) Le Déluge, vers 1805.

1999, j'étais étudiante à Paris et il ne s'était pas passé grand chose, mais putain je me rappelle de la route quand on est rentrés chez nos parents, 300 bornes de preuves de la révolte de la veille ; sur le bord, des décapités à l'écorce fêlée, des racines nues délestées de leur corps tombé plus loin dans les jardins, et puis quelques maisons béantes. La nature laisse des traumatismes comme des réflexes dans les souvenirs et régulièrement d'autres stimuli reviennent bercés nos orages : surveiller les plafonds pour voir s'ils ne suintent pas, vérifier les sols pour voir s'ils ne débordent pas de pluie et puis surveiller les cascades qui jaillissent au milieu du salon.

02 mai 2011

Moi j'dis...

très concentrée sur l'encre qui se vide du stylo, réfléchissant au mécanisme de pesanteur, à l'inclinaison idéal du poignet, à la résistance de la page... C'est dur.

01 mai 2011

On connaît la chanson


Show must go on. Méthode Coué et placebo : l'inconscient se règle sur les gestes que l'on répète, alors au point où l'on en est, faire en sorte que les miettes de nos claviers et autres reliquats d'expression, soient bons. Les lumières que tu trouves fausses sont autant de fantasmes qui alimentent la boîte à mots. Tu vas voir, j'ai pas fini de le redire.
Alors on se prend quoi dans la gueule... un nez de clown, une trottinette en ballade; on écrit quoi de bien, une chanson à poursuivre, des lettres à envoyer, des contes à dormir ?
Résiiiste !

30 avril 2011

Herzliche Grüße von ...


Moi.

ça pousse ? Vas-y balance une photo, dès fois que ce serait de la ciboulette indienne.

Je vais, comme comme le double de mon âge et p'tain c'est nul ! Sinon je m'accroche toujours, même si je sais qu'il y a des dates qui disent mieux que la météo sur l'avenir d'une journée. Des journées marquées qui nous transforment en citrons pressés passé midi. Alors en les attendant on redouble d'effort, et il y a toujours les jours de rafale, les mardi freestyle et les soirées poste en folie. Mais ça va ça va. J'ai renvoyé ma tante qui du coup emmerde mon oncle. Sinon mon neveu marche ; enfin, il tombe mais il ne parle toujours pas à part "tata"... il le dit très très très bien et j'en ai rien à foutre. Un jour il me foutra à la porte de toute façon.

Et toi alors ? ta mère, tes mômes, ton mec, ta meuf polytoxico, ton cousin, ton schizophrène de frangin, ton chien, ta caisse, ton taf, et toi, toi et toi ?

02 avril 2011

Pourquoi


C'était quoi déjà le mot ? le code ? Le truc qui me relie à ? Ce n'était pas et, ce n'était pas avec, ce n'était pas chez. Je sais c'était si. Mais c'était où ?

03 mai 2009

Mastication


2060 et des poussières… Mâcher le soleil jusqu’à ce que les ombres glissent et que toutes choses rampent, grouillent et obscurcissent les murs. Parce qu’on va s’en sortir plus mous plus dociles et plus égoïstes, il nous faut se lever en avalant les quelques écrous de la machine broyeuse. Tous les jours plus lourds tous les jours plus rouillés jusqu’au déraillement final où l’on regardera impuissants nos désirs figés dans les souvenirs.

(Sculpture de Pierre Matter, Birth)