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29 janvier 2018

Aujourd'hui mon chat va mourir

Aujourd’hui mon chat va mourir.

Oxydes, chlorures… C’est un vieux chat auquel je tiens alors j’ai la larme facile mais je la cache à mon fils. Il faudra bien le lui dire, mais pas aujourd’hui.

On m’a demandé si l’on voulait récupérer ses cendres. J’ai dit non. Puis j’ai dit oui.
Sulfures, phosphates…Ce n’est pas parce qu’on est pas croyant qu’on ne croit en rien.
Je crois en la place que tient l’humain, mon voisin, ma cousine dans l’univers. Je crois en la place de mon chat dans cet univers. Ce qui pour moi, signifie qu’il a le droit d’en disposer avec les conséquences qui en résultent. Chacun pose des espoirs et des souffrances sur un échiquier terrestre avec des actions et des mésactions qui transforment l’autre, ou cette autre un peu plus loin. Je crois peut-être en la magie. 

Phosphates, carbonates... Mon chat ronronne quand il mange bien, ronronne quand on lui gratouille le cou. Mon chat nous aime je pense, et cela suffit pour que tu, nous, vous tous, vous l’estimiez. Et moi je l’aime, sans doute parce que j’aime qu’on m’aime.

J’ai donc dit oui pour ses cendres, je sais des cendres ce n’est plus grand chose, mais je deviens irrationnelle quand je suis triste.

Tourbillon d’oxydes de calcium, chlorures, sulfures, phosphates, carbonates, métaux, un zeste de protéine et mille poussières, voilà ce qu'il reste de nous autres animaux, au meilleur de notre forme calcinée. Au pire, un peu subtil poison, margouillis de métaux lourds et joyeuseté pétro-chimiques, juste parce que nous avons pris la sale habitude de respirer.

Nous n’avons pas de jardin, je les disperserai donc dans les pots des plantes.

C’est un chat qui n’obtiendrait pas le label bio, c’est évident, mais c’est un chat qui n’a jamais reçu d’antibio. Alors s’il intoxique mes plantes vertes, je lui pardonnerai comme chaque fois qu’il farfouille dans les racines pour y pisser. Peut-être même que cela nous fera bien rigoler : la dernière blague de l’ex-caïd du quartier devenu pépère tranquille au fil des ans… 
Par contre, s’il contribue à les fortifier, j’envisagerai sûrement d’ouvrir une entreprise de fabrication de tests pour déterminer la qualité des cendres de nos proches... Les utilisateurs pourraient également acheter un petit kit à utiliser à domicile en amont du recyclage. Y a un marché dans l’écologie post-mortem.

Salut Willy,  mon vieux chat.

03 janvier 2017

Bon An Mal An.

Il y a peu je rêvais, enfin je le sais, j'étais pas toute seule à faire ce rêve, enfin donc nous rêvions d'un autre monde. Pourtant cette première phrase est entièrement fausse relevant de la pire politique qui soit. Elle repose sur l'illusion que ces pulsations vitales accrochées à notre boule de terres et de boues soient bienveillantes. En fait entre deux bonheurs on oublie vite ou plus exactement on fait semblant d'oublier. Ce monde-là, on le rêve toutes les fois qu'on oublie. On le rêve simple, et il l'est assez souvent, dans notre microcosme. Mais la réalité est juste derrière notre porte. Peut-être que la terre est devenue notre cauchemar à moins qu'elle ne l'aie toujours été.

Gueule de bois du matin. C'était avant-hier matin. Heureusement, nos vœux échangés permettent de se rendre compte que 2017 ne sera qu'un enchevêtrements d'espoirs et d'illusions, sûrement, mais il y aura toujours les potes, la famille, nos viscérales attaches ici ou là, créant notre réseau interne. Ceux qui habitent du bon côté de ta porte et qui ont accès à ton petit cœur d'humain, celui que tu protèges pour ne pas qu'il déborde trop de l'autre côté à cause de ces putains d'enfants échoués, à cause de ces putains de corps qui explosent, à cause de toutes ces putains de pulsations de vie qui n'ont d'autres lois que celles de l’expansion avant de mourir.
Bonne année, quand même. Quand bien même nous ne pourrions empêcher ce monde de tourner, bon an mal an... #Attentat d'Istambul/Bienvenue au Reina

30 septembre 2016

Les vacances sont finies alors... Pour en finir avec le burkini.

J'avoue que cette question du burkini me turlupine, en tant que femme, athée, féministe et citoyenne française. En tant que femme - je le suis depuis donc ma puberté - et je pense avoir assez de recul pour déclarer que ça n'a pas été la chose la plus aisée et si naturelle que cela, j'ai longtemps été balancée par l'envie de tester ma féminité à tout va, puis par moment de me cacher sous des vêtements trop amples. Période compliquée donc qui va de paire avec l'observation de notre société hyper sexualisée où la place des femmes se trouvait dans les strings des vidéos musicales . Ou bien on se sentait moche et l'on compensait avec quelques neurones, voire de l'humour. Voire même de l'humour machiste pour ressembler à ce que devait être le monde : un homme blanc de 25/55 ans, paternaliste. Bien sûr ce n'était pas toujours aussi tranché, je suppose que j'ai déployé des stratégies séductrices en fonction de mes humeurs hormonales... et les débats féministes alimentaient mes observations sur ce monde et ma petite personne.
Je devais donc accepter mes poils, peut-être même les exhiber, me balader seins ballants tous défauts dehors, brandis comme un étendard de la cause féministe me foutant du regard d'autrui et surtout masculin. Avec la route mon féminisme est devenu plus serein, mais je refuserai toujours qu'un voile recouvre les femmes parce qu'une loi divine ou autre les déclare inférieures au mâle.
J'en suis toujours là : que montrer de moi quand je sors ? Comment se sentir bien avec soi-même ? Une chose est sûre : jamais personne ne dictera mon apparence, ni les féministes, ni les intégristes, ni les publicités, mon cerveau et mes contradictions déjà me suffisent.


Alors si j'en suis là, moi, fille libre de tout carcan religieux ou paternaliste, car libre et éduquée d'une façon ouverte depuis ma naissance, où en sont-elles toutes celles qui ne le sont pas, elles, libres de faire émerger leurs opinions religieuses, sociétales, politiques, philosophiques, psychanalytiques - Freud ayant créé toute une vision polluée de la femme perfidement infiltrée dans notre filtre occidental... pas merci à lui ?
Alors oui, que disent-elles ces femmes ? Certaines jouent/joueront leur rôle de bon petit soldat islamiste consentant (?) et zélé et porteront un burkini provocateur sur nos plages de "droits laïcs". D'autre le feront ou le font pour se sentir libre sur la plage et dans les flots avec l'accord bienveillant d'un tuteur musulman "modéré", les autres ne bougeront pas de chez elles car se mêler aux impudiques était et restera impensable - opinion partagée ou non.  

Mais en fait c'est génial le burkini : plus besoin de s'épiler, les bronzages zébrures ne se voient plus et finissent par s'uniformiser, les cheveux peuvent rester gras, les défauts de la peau sont dissimulés et puis quand t'es canon, tu restes canon !(Rire)



 

21 juillet 2016

Pan !


Au début c'était simple, c'était rien, et puis un soubresaut du rien vacille, un rien de soubresaut puis le reste qui s'amoncèle, s'annule, se cherche et se sépare, se rassemble et tâtonne, touillant dans le hasard. Rien que du hasard s'organisant à tâtons dans le pourquoi pas. Cela tiendra ou pas, cela fera ou ne fera pas. Rien que du rien avec du moins rien. Au début c'était simple nous étions à peine plus que du rien avec ce moins rien. Pas d'intelligence organisatrice préalable. Nada, un peu comme la nôtre actuellement, l'intelligence n'étant rien d'autre qu'une succession de données qui s’additionnent dont on extrait une possibilité. Nous étions donc déjà potentiellement là, avec nos cils vibratoires, nos cornes ou nos tentacules élégants, ici ou ailleurs. Alors on voudrait vraiment comprendre ce soubresaut qui n'était qu'à peine un rien, plus un petit moins de rien, ou, un petit plus… va comprendre ? A quoi bon ?

Nous ? C’est quoi ce Nous dont nous nous rappelons du haut de notre première amibe, ce fameux presque rien. Ce nous qui s'est construit des contes sur sa genèse scatologique. Et, brillamment au cours de cette phase anale, nous avons imaginé que nous participions à l'organisation du monde. Ce Rien que nous sommes, souvenirs cumulés de toutes ces accumulations rapides ou lentes, assemblés en données de plus en plus complexes, nous autres petits êtres pochés à la casserole du rien, voulons retrouver maman.

Le rien ne peut se penser avec du rien, l'intelligence ne peut se penser avec l'intelligence, le beau ne peut se comparer au beau. Il faut être laid pour le reconnaître, il faut être idiot pour saisir la clairvoyance. La compréhension ne peut se saisir qu'à travers le prisme de la différence. J’ai trouvé un jour qui me ressemblait, j’ai trouvé à qui m’assembler, mais fusionner n’est pas comprendre, c’est simplement magique or la magie n’a que faire de la réalité, des autres et de la politique. La métaphysique n’est pas un écrou, ni même la serrure par laquelle nous observerions le vrai monde. C’est la psyché sans l’estomac. Je le sais j’ai testé : j’ai bouffé mon amulette un 15 février, depuis je galère à recracher des miettes qui ne s’assimilent pas ou plus. Comprendre, c'est combler une latence et donc rentrer dans le dur. Accepter une différente partition entre soi et l'autre et faire un effort. L’autre est un putain d’effort.

Je crois que c'est ce qui déconne en ce moment, on veut trouver le pourquoi à tout, et comprendre l'autre facilement. Alors on prend des raccourcis et l'on suppose qu'on se comprend tous. Et on oublie ce que signifie le mot "effort". L'effort se révèle douloureux, induit une assimilation peut-être regrettable car sur ce plan-ci n’a rien de métaphysique. D'autre ont résolu le problème : Rien n'est à comprendre, pas d'effort à fournir de leur côté, nous sommes différents et si ça finit par gêner, il suffit de tirer. Pan!
Au bout du compte, je suis rassurée, on ne se comprendra jamais.

14 juin 2016

Empreintes

Descente de week end, sous émotions perfusées. Papi mamie dans les cartons, cadre portrait décroché ramené à accrocher chez moi. Chez moi. Ce n'est plus la piaule de gamine de 15 piges la danseuse croquée au pastel, ce n'est plus les piaules d'étudiante baladées dans Paris ni même les premières années boîtes, celles-ci sont définitivement closes. Chez moi c'est une addition à moitié perdue dans l'épigénétique. A moitié sclérosée par la peur de faire mais peut-être surtout la peur de ne pas faire. Alors faudrait que je me retire les doigts du cerveau. Et arrêter les bilans. Le monde va s'écrouler et je n'aurai pas bougé.

05 janvier 2016

Bon alors quoi, merde alors, Pierrot, mon ami, il pleut dehors, ouvre moi ta porte! Promis si tu ouvres, je laisse mes chaussures dans l'entrée.

Je me perds en conjectures : ton index a ripé sur mon profil? t'as viré tout le monde? j'ai perdu à ton jeu et bim bam boum dehors? Alors quoi je ne suis qu'une greluche, toi le maitre de ces lieux, ne peux-tu pas en compter une de plus? Il faut de tout pour faire un monde, et puis quand même je suis une greluche première classe. Alors quoi, j'ai mal répondu l'aut'jour? Tu veux que je m'allonge sur le canap' pour te raconter mes blocages. Je peux pas me voir en peinture, alors en photo... Je pars en vrille quand on me dis que je suis bandante, parce que tu vois je suis une femme voilée, là à l'intérieur. Un truc verrouillé depuis l'adolescence rapport à une féminité mal digérée sans doute. Pourtant je peux parler cul pendant des heures, pourtant je me noie dans des océans de plaisir... pourtant, oui je verrouille. Et ça ne m'aide pas à me sentir mieux, mais c'est la parade que j'ai trouvée. Et je sens bien que tous ces mots là étalés vont m'assécher à coup sûr. D'ailleurs je n'ai rien à déclarer, rien de profondément universel à fixer dans le marbre, je ne sais parler que de moi et finalement assez superficiellement. Je manie mal la géopolitique, j'ai une culture pop très partielle. Quelques souvenirs d'histoire de l'art, la danse en fond sonore. Voilà pour me vendre. La fille sexy c'est pas moi, c'est l'autre. C'est pour cela que je soliloque ici sans doute. Je n'ai rien dis d'aussi personnel d'ailleurs depuis des lustres. Même si je ne suis pas complétement honnête. Derrière un écran comment l'être? Et là tu vois en enfilant ces lettres au fur et à mesure, mon côté salope se réveille, mon capitalisme primaire enroulé dans mon cervelet embourgeoisé : je rentabilise. Si je ne dois plus rien écrire pour cause de vaginisme intellectuel, autant le recopier sur mon blog comme une ode à ma misère. Je marquerai ainsi pour toujours le jour où j'ai mendié. C'était jeudi. Alors quoi, Pierrot, mon ami...
Alors quoi je pourrais te demander comment toi tu vas? C'est vrai ça comment tu vas? C'est con mais en fait c'est peut-être la seule chose que j'aurais dû t'écrire.

Aller, je dépose "des j'aime" à ta porte. Sans mot ajouté, le clic comme une sonnette. T'en fais ce que tu veux. Un bouquet champêtre.

Janvier : an 1.
Mon baromètre me dit que mon monde s'est écroulé le 23 septembre 2014. Mais le vieux monde s'est écroulé en janvier 2015. 1 an, depuis les souvenirs se sont accrochés aux actes déroulant leurs puissances dramatiques. Méthodiquement et avec la télégénie du désenchantement.

Je m'étais dis qu'ils y été allés un peu fort chez Charlie Hebdo, quand même, pour parler de la liberté de la presse... inventer un attentat, c'était too much. Sauf que c'était pas pour rire.
Et puis plus rien n'était pour rire ensuite. Le monde bricolait ses histoires à rebondissements de violences tribales, de manipulations médiatiques. Je me souviens en septembre...

Une minuscule plume est tombée. Je l'ai rattrapée et là un léger rire s'est élevé. J'ai crié au ciel que les anges faisaient mal leur boulot. S'en est suivi un chuchotement, un bruissement, puis comme un grand choc. J'ai tourné la tête en tout sens... ai-je rêvé?
Je suis triste mais préfère mille désillusions aux cauchemars très réels s'échouant à nos frontières proches.

Et puis en novembre Bibi chat est tombé malade.
Il s’est retrouvé aux urgences pédiatriques jeudi 12 novembre, perfusé et avec moult autres tentacules qui faisaient clignoter de jolis écrans à l’autre bout. Sa deuxième nuit d’hôpital à inviter une drôle de sensation dans notre intimité. C’est la colocataire de notre chambre, qui, distribuant des nouvelles de son propre fiston à son téléphone, se fige, et se tourne vers moi et m’annonce : il y a des morts à Paris, plein de morts. Je me suis dit à son ton, que ce n’était sûrement pas normal. Encore une blague à la Charlie.
J’ai compris que des entités non terriennes nous étaient tombées dessus. Les martiens avaient débarqué et dirigé leur faisceaux déglingueurs pour nous prouver qu’ils n’étaient pas de notre monde et loin de notre logique jouisseuse. Nous faisons des enfants, les incubons, les accouchons, les allaitons pour qu’ils durent un peu. Les options pour qu’ils vivent heureux sont de plus en plus minces, nous le savions dès leur premier cri, certes, mais nous avons la mémoire du monde courte et nous nous partageons une intelligence humaine bâtie sur le plaisir rapide. Les aliens s’en foutent. Ils n’ont pas besoin d’intelligence, ils n’ont pas besoin de bonheur, ils ont besoin d’espace. Toujours un peu plus d’espace.


Depuis ? Depuis nous en sommes là à compter les jours qui nous séparent du bonheur d'être des humains.
Enfin pour ma part c'est un peu faux. J'ai un petit garçon qui va bientôt avoir trois ans. Et je l'aime. 

26 novembre 2015

Egrégore2

Animal transcendantal je suis.
Alors plus fort je bouffe du décibel, plus profond je baise, plus rempli je bois. Je me fonds dans mes égaux, et parce que j'ai la chance de vivre une ville enjolivée d'histoires anciennes, je me répands sur les terrasses proprettes, à rire et à chanter la vie pour l'oublier ou la refaire. Je me fonds dans mes congénères, choisis, recrutés selon affinité et les clique sur "Partager" pour oublier la vie ou la refaire. Et parce que j'ai la chance de pouvoir payer mon clic je peux me permettre de maudire cette vie qui nous offre ces clics, son toc et ces claques.

Cette vie qui nous attache aux autres transcendés et bourgeonnants, comme moi, d'excroissances extra-naturelles, a l'insolence d'exister aussi dans l'isolement des bois, dans le silence et la paix. Nous nous y abreuvons à l'occasion, voire nous nous y shootons, trouvons là encore une autre forme de transcendance.

Nous espérons parfois vouloir faire croître d'autres bourgeons débarrassés de néons, d'écrans et qui nous appellent parents de toutes leurs forces. Une spirale de vie, ou bien un moment qui passe? Nous y plongeons avec délice, humant leur crâne innocent, faisant briller nos larmes retenues dans leur miroir lisse. Cela ne dure qu'un instant car nous devons nous lever pour remplir nos frigos et continuer à cliquer, abandonnant l'illusion de l'éternité sereine et apprenons que les plaisirs simples ne sont pas des cadeaux mais des options à gagner.

05 septembre 2011

S.

Je vais arrêter d'écrire sur le mur au-dessus de ma tête, sur ma peau au-dessous des mes hanches. Je vais arrêter de tracer les mots que tu ne dis pas, je vais arrêter d'apprendre ceux que je tais. Je vais acheter un cahier de musique pour y accrocher ma voix qui s'essouffle et puis y sécher un peu mes pleurs aussi. Et puis on va parler un jour, en vrai, dis, lorsque tu auras retrouver l'adresse de chez nous ?

15 août 2011

Archéologie intime

Je remonte encore le rail, j'extrais, je cherche encore, je ne me souvenais pas de toutes ces strates et la douleur remonte bien sûr le long de certaines lignes extraites. A force de pêcher dans ses souvenirs miroitants on se prend un coup de soleil et des coups de kitschissimes je t'aime. Putain l'escargot évolue mon vieux !
Je dois trouver la méthodologie. A rendre avant mardi.

14 août 2011



Il fut un temps où j'aurais voulu que l'on me braque comme une banque sans trésor mais sécurisée, j'aurais aimé que l'on m’enlève comme une princesse sans royaume mais avec une tour lointaine dans les nuages. C'était hier et aujourd'hui je remonte soigner mes fantasmes fanés avec quelques ersatz polis. Ce que je fus , ce que je fis, ce dont je rêvais roulent quelques mètres plus loin me forçant à allonger le pas et à serrer les points/poings. J'ai beaucoup aimé ces rêves mais je vais peut-être finalement les laisser rouler sans moi et leur trouver d'autres propriétaire. Je vais m'en fabriquer des moins rapides. Plus adaptés.

12 août 2011

Dérèglement lunaire

Cyclothymie chérie viens te blottir entre mes bras ; entre deux tempêtes tu me donnes de jolies visions étranges qui me laissent sans yeux. A partager ou à taire tes flash je m'ouvre le crâne, je m'explose la rétine, je crève de rire.
Dis-moi pourquoi je ne peux plus t'entendre les soirs impairs. A moins que ce ne soit les soirs verts. En vrai, je te soupçonne d'être un peu mac sur les bords, tu me demandes des trucs pas croyables avec les mots des fois. Disons que je paye beaucoup de ma personne lorsque mes sens m'étouffent de trop d'émotions étalées, que je m'écroule sous mon indifférence fière comme un étendard. J'ai dû bousiller le VU-mètre. Alors je tente de contenir ce qu'il reste à contenir, avec beaucoup de doute.
Cyclothymie chérie regarde moi piquer ma crise au beau milieu des rayons surgelés, sortir en criant putain fait chier, bordel de merde, sortir du saloon, du ring, de l'arène sans me soucier de ceux qui restent derrière. Eux pas comprendre. Regarde moi sourire, apaisée, les soirs de nuages grandioses, étalant leur boursoufflures argentés, comme une peinture pompier.
Moi pas toujours facile à suivre.

05 août 2011

Tel est le gramme

Ici mon baiser à prendre comme un jour qui joue à Avril. Stop. Je suis passée total à l'ouest dernièrement. Stop. Je sème des bouts de neurones tous les 30 mètres. Stop. Toute enfance est traumatisante pour ceux qui ne veulent pas être adultes. Stop. Parce que je suis devenue celle que je suis, le reste n'a plus d'importance. Stop. Sauf pour les mots que j'utilise. Stop. Pour les histoires que je n'écris pas. Stop. Pour les choix qui ont été induits à mon insu. Stop. Alors je caresse mon subconscient. Stop. Alors dès fois oui je nourris mes cauchemars. Stop.
PS : Ne pas oublié. Bisou suspendu au vestiaire. Numéro 017, tu demanderas à la dame pipi qui est très polyvalente (la dame du vestiaire est en congés).

01 mai 2011

To be or not to be


Si je suis le fantôme sans rêve qui retourne à sa trêve, je fus aussi l'image d'un visage qui fut celui de mon ghost. Ma carapace réelle et mon exosquelette virtuel se répondant dans un miroir feedback.

Et un visage sans volume, est-ce un portrait quand même ou une extrapolation ? un pur délire sorti d'un chaos de pixels ? L'imagination comble le papier laissé blanc sous quelques mèches de cheveux.

Dans toute volonté de comprendre, il faut accepter un trou, une latence, un degré de hasard laissé aux autres, aux éléments, à la virgule qui suit ; se laisser happer par ce que l'instant changeant saisit ou pas. Mais je n'existe vraiment que quelques heures par mois ou bien est-ce quelques siècles.

27 avril 2011

Golem

Circonvolutions de tes mains autour de la terre vivante... ou bien est-ce le contraire. Y graver les mots magiques, y déposer les maux comme des armes d'argile. Mille fois brisées, mille fois remodelées. Pétrissage mode cycle rapide et cuisson, le tout facile à aimer consommer vomir déchirer réécrire.

23 avril 2011

Loop


Ma mémoire est assise sur le bord d'une boîte. Prête à vaciller au fond et se perdre dans la bouillie épileptique qui me sert de petit déj. Ce matin à jeun j'ai pleuré ma race, j'ai déchiré mon skin pour la nuit béante et largement ouverte aux crocs d'acier, bourreau de mes heures perdues, bestiale, qui m'a abattue. Elle m'a tuée et la forme qui s'est levée au matin ressemblait à l'ado bizarre qui se cachait à l'intérieur des chiottes prête à vaciller au fond et s'y perdre les jours d'internat.

02 avril 2011

Pourquoi


C'était quoi déjà le mot ? le code ? Le truc qui me relie à ? Ce n'était pas et, ce n'était pas avec, ce n'était pas chez. Je sais c'était si. Mais c'était où ?

09 septembre 2010

Chambres lointaines


Nous laissons aux hôtels nos empreintes fulgurantes. Comment inscrit-on nos vies en deux jours et quelques ? Quel songe creuser, quel acte réciter ? Quel plis de drap s’est-il noué, ou dénoué ou tombé ? A nos pieds, dénudés dans les hautes glaces étrangères, nos corps presque inconnus glissent sur les parquets déjà foulés, frôlés par d’autres corps glissés. Sur nos corps retrouvés se jouent les sommeils nouveaux, sur les corps échoués les limites se retroussent. Vite ! Le temps des hôtels nous pressent et nous invitent à nourrir plus fort nos amours, nos haines, nos angoisses, nos espoirs.

17 avril 2010

Mamie

Dimanche dernier la famille vint la voir dans sa chambre.
Comme à chaque temps forts où les traditions religieuses donnent également aux familles non pratiquantes voire athées une occasion de se réunir et de perpétuer des gestes ludiques débarrassés de sens liturgique. Alors, après la chasse aux oeufs, nous lui avons apporté quelques uns de nos butins et elle semblait apprécier les petites bouchées de chocolat que maman lui faisait avaler.
Le 13 avril 2010 Giselle ferme la bouche et décide de la fermer jusqu'à épuisement total de son corps.
Aujourd'hui elle refuse toujours de s'alimenter et les tuyaux qui la branchent l'empêchent juste de souffrir. Papa, maman, elle, nous tous attendons.

Depuis trois ans elle attend dans son lit où on la couche à 15 heures et depuis quatre jours c'est la première fois qu'elle décide enfin quelque chose pour elle.
Elle est forte mamizelle.

03 mai 2009

Mastication


2060 et des poussières… Mâcher le soleil jusqu’à ce que les ombres glissent et que toutes choses rampent, grouillent et obscurcissent les murs. Parce qu’on va s’en sortir plus mous plus dociles et plus égoïstes, il nous faut se lever en avalant les quelques écrous de la machine broyeuse. Tous les jours plus lourds tous les jours plus rouillés jusqu’au déraillement final où l’on regardera impuissants nos désirs figés dans les souvenirs.

(Sculpture de Pierre Matter, Birth)