30 avril 2011

Herzliche Grüße von ...


Moi.

ça pousse ? Vas-y balance une photo, dès fois que ce serait de la ciboulette indienne.

Je vais, comme comme le double de mon âge et p'tain c'est nul ! Sinon je m'accroche toujours, même si je sais qu'il y a des dates qui disent mieux que la météo sur l'avenir d'une journée. Des journées marquées qui nous transforment en citrons pressés passé midi. Alors en les attendant on redouble d'effort, et il y a toujours les jours de rafale, les mardi freestyle et les soirées poste en folie. Mais ça va ça va. J'ai renvoyé ma tante qui du coup emmerde mon oncle. Sinon mon neveu marche ; enfin, il tombe mais il ne parle toujours pas à part "tata"... il le dit très très très bien et j'en ai rien à foutre. Un jour il me foutra à la porte de toute façon.

Et toi alors ? ta mère, tes mômes, ton mec, ta meuf polytoxico, ton cousin, ton schizophrène de frangin, ton chien, ta caisse, ton taf, et toi, toi et toi ?

27 avril 2011

Golem

Circonvolutions de tes mains autour de la terre vivante... ou bien est-ce le contraire. Y graver les mots magiques, y déposer les maux comme des armes d'argile. Mille fois brisées, mille fois remodelées. Pétrissage mode cycle rapide et cuisson, le tout facile à aimer consommer vomir déchirer réécrire.

23 avril 2011

Loop


Ma mémoire est assise sur le bord d'une boîte. Prête à vaciller au fond et se perdre dans la bouillie épileptique qui me sert de petit déj. Ce matin à jeun j'ai pleuré ma race, j'ai déchiré mon skin pour la nuit béante et largement ouverte aux crocs d'acier, bourreau de mes heures perdues, bestiale, qui m'a abattue. Elle m'a tuée et la forme qui s'est levée au matin ressemblait à l'ado bizarre qui se cachait à l'intérieur des chiottes prête à vaciller au fond et s'y perdre les jours d'internat.

02 avril 2011

Pourquoi


C'était quoi déjà le mot ? le code ? Le truc qui me relie à ? Ce n'était pas et, ce n'était pas avec, ce n'était pas chez. Je sais c'était si. Mais c'était où ?

09 septembre 2010

Chambres lointaines


Nous laissons aux hôtels nos empreintes fulgurantes. Comment inscrit-on nos vies en deux jours et quelques ? Quel songe creuser, quel acte réciter ? Quel plis de drap s’est-il noué, ou dénoué ou tombé ? A nos pieds, dénudés dans les hautes glaces étrangères, nos corps presque inconnus glissent sur les parquets déjà foulés, frôlés par d’autres corps glissés. Sur nos corps retrouvés se jouent les sommeils nouveaux, sur les corps échoués les limites se retroussent. Vite ! Le temps des hôtels nous pressent et nous invitent à nourrir plus fort nos amours, nos haines, nos angoisses, nos espoirs.

17 avril 2010

Mamie

Dimanche dernier la famille vint la voir dans sa chambre.
Comme à chaque temps forts où les traditions religieuses donnent également aux familles non pratiquantes voire athées une occasion de se réunir et de perpétuer des gestes ludiques débarrassés de sens liturgique. Alors, après la chasse aux oeufs, nous lui avons apporté quelques uns de nos butins et elle semblait apprécier les petites bouchées de chocolat que maman lui faisait avaler.
Le 13 avril 2010 Giselle ferme la bouche et décide de la fermer jusqu'à épuisement total de son corps.
Aujourd'hui elle refuse toujours de s'alimenter et les tuyaux qui la branchent l'empêchent juste de souffrir. Papa, maman, elle, nous tous attendons.

Depuis trois ans elle attend dans son lit où on la couche à 15 heures et depuis quatre jours c'est la première fois qu'elle décide enfin quelque chose pour elle.
Elle est forte mamizelle.

05 juin 2009

Moi j'dis... effroyable teasing.

Z' ont mis le paquet dans la bande d'annonce de la 5ème saison de Lost, non ?

(Mouais).

03 mai 2009

Mastication


2060 et des poussières… Mâcher le soleil jusqu’à ce que les ombres glissent et que toutes choses rampent, grouillent et obscurcissent les murs. Parce qu’on va s’en sortir plus mous plus dociles et plus égoïstes, il nous faut se lever en avalant les quelques écrous de la machine broyeuse. Tous les jours plus lourds tous les jours plus rouillés jusqu’au déraillement final où l’on regardera impuissants nos désirs figés dans les souvenirs.

(Sculpture de Pierre Matter, Birth)

30 avril 2009

Moi j'dis...

rien ne vaut une bonne petite grippe pour éradiquer la crise. Fallait y penser.

05 septembre 2008

Circumambulation :

Faire le tour d’un point dans l’espace. Trouver le moment où l’objet s’anime dedans le cercle.
Alors que tout s’efface. Des petits points rouges, de minuscules petits points rouges me constellent la peau. Je me pixellise. Je me recouvre. Petit à petit des micromillimètre de peau se détruisent, disparaissent pour devenir autre chose, une mue. Petit à petit guetter le moment où mon esprit apprivoise l’intérieur de cette nouvelle surface. Vivement qu’il s’anime.

Organiser l’espace autour des points, voilà le défi.
Il y a toujours de nouveaux points. Devenir plus vieille d’un point, d’une grosse virgule même, et rajouter de la matière aux souvenirs. Une matière sans cesse plus nostalgique, parce qu’on n’arrêtera pas le temps même dans la bulle des vieux amis, parce que les vieux amis ont moins le temps, parce qu’on ne retrouvera pas nos peaux jeunes et sans pixel. Et je ne parle pas nos rides.

Non, je n’aurais pas ramener le soleil et j’aime assez regarder le spleen dans les yeux de mon chat. A moins que ce ne soit la pluie qui balaie. Pendant notre absence il s’est langui, à notre retour on l’a trouvé grossi – il nous attendait, circumambulait entre sa gamelle et son panier, sa litière et sa gamelle – on l’a trouvé un poil colère aussi à notre égard. Il avait changé, c’est fou. Tout avait changé en fait. A la limite du moins bien. Loft bof, temps moche, gens couverts et humides, les rires aux oubliettes. On ramène des souvenirs qui se collent à des strates plus anciennes, on se prend à regarder les horaires des trains, et à vouloir embarquer plus souvent, diminuer l’épaisseur, et des strates et du spleen, et à imaginer se laisser enfermer dans la bulle des vieux amis pour que l’on vieillisse tous ensemble. Surtout, moins chacun de nos côtés.

16 août 2008

Pique-nique carambar


Je m'éclaircis donc la voix, hum hum, et je pose mon piou piou de tarte à la nana. J'ai tout mangé les tiens, j'ai déjà faim, j'irai me ravitailler par ici demain, ça sentait bon la table mise et prête à se démettre, hum hum tout renversé, tout le vingt du mois par dessus tête et la sauce six sons en rondelles roulant sur la mousse. Voilà pour le plat du jour passé, à demain pour d'autres avenirs. Je t'embrasse et il fait encore tiède, je vais faire un dernier tour pour le souvenir qui rode, le verre à la main, et c'était une bien belle journée, j'ai mes pensées pour toi en gorgées déliées dans mon rhum ambrée. Nous les avons bues hum hum sur le capot rouge pompier, au nez et à la barbe à piaf, sous le soleil grésillant et les sifflements. Cambrure décambrée, panier rangé et table en osier pliée. Tout était bien, mercis suaves sur lit de pâte sablée déposés et à chercher ici sous le même châtaigner.

13 juin 2008

Un jour comme un vendredi



Les lianes d'un azur
au secrètes fenêtres
partagent leurs racines
et lézardent leurs murs
….

Mon rhume plein de germes arrive à son terme, le reste de la journée, s'est terminée en crise temporelle : bourrage de temps dans la machine à travail.

Et tes mains amies ou mes mains sur ta peau constituent la limite qui fait que je ne suis pas complètement raccord avec mes principes d'exclusivité. Ces limites ne disent cependant pas que je trouve cela agréable, alors....
Chaque mot nous appartient, chaque sens, nous les offrons à qui veut bien les entendre, et quand on les accepte, la réaction qu'ils suscitent forcément ne nous appartient plus, mais nous pouvons quand même continuer et essayer. Arriver au plus juste de ce que nous pouvons faire passer.
Je te laisse un peu de mots, d'émo ?

Je travaille comme une folle sur des tissages de pixel. Je détoure, truque, masque des lignes laides rajoute pixel par pixel des couleurs.

Pouah ! des bestioles à rafistoler, des poils à éliminer ou bien à rajouter, du scintillement sur lesquels mes yeux explosent presque. Les deux sont à la limite de la crampe souvent, et je suis en quasi apnée. Très physique, alors que mon esprit erre... ça doit se voir que je cherche les mots tellement ils sont tout ratatinés dans mon labyrinthe en bouillie d'avoine. Avoir l'acrobatie buccale facile dans ces moments, mais chut belle amie j’ai reçu tes baisers volants et je t'envoie mes baisers rampants, genre GI, avec des rangers trop lourdes et de la gadoue aux mollets, je dois lutter contre des assaillants invisibles, qui me tirent sur les paupières et les neurones, les salauds, ils ont des armes chimiques, vais pas pouvoir lutter... pensées en rafale, raccourci du temps, souvenirs et ce virus qui rame, dans le sang en vrai et qui se reflètent dans les neurones en silicium qui font des hoquets de machines asthmathiques.
Saleté de rhume et bête bécane.

Le temps qui déborde et moi qui me fous dans mon petit bordel quotidien, là je commence à trouver ça envahissant, je frise la claustrophobie dans ce bureau jungle, et la chambre ressemble à une station de ski, la table basse du séjour a disparu sous la dernière averse de neige, chais pas où, alors on mange sur nos genoux.

Je lève le nez et le week end commence par la fenêtre ouverte et son entremise offerte. Les pensées qui bricolent, les pensées qui bricolent.

09 juin 2008

Vue sur mon crane

Il y a des tableaux dans mon studio deux pièces accrochés au fond de mon crâne.
D'abord, j'ai regardé cette ligne se tracer, puis maintenant je vois le cercle se fermer. L’envie d’un cercle. J'attends le bon moment c’est vrai. Elle est posée depuis quelques jours, elle finit par me paraître familière. Aujourd’hui j'essaie encore de trouver le bon moment. Ma nature fait que j'apprécie les choses quand tout est réuni pour leur accorder l'importance qu'elles méritent. Et puis il y a un peu de peur aussi. Je suis un peu malade des gens.

Enfin je sais bien que ne peux pas passer à côté de cette envie. Je l’écrirai sans cesse, toujours je la murmurerai ou bien la fantasmerai. Il y aura des canapés pour l’accueillir, là au fond de mon crane. Mais aujourd’hui je ne l’ai pas encore arrosée, elle cohabite avec le bonzaï ressuscité, patiente. Alors quel degré de réalité lui attribuer. Quel degré de courage puis-je mobiliser ?

Je n’ai jamais rien maîtrisé rien sur le plan social, pas un chouia de zeste d'ombre de fils et de liens, tout pendouille dans le vide même pas sidéral, un vide que j'ai construit avec des bouts de principes qui ne tiennent pas toujours longtemps et un sacerdoce d’adulte mal assumée. Je ne maîtrise nada du quotidien et le vent s’engouffre comme l’imprévu.

Pourtant j’avais placé l’imprévu comme principe fondamental de ma vie sociale, peu d’attaches, mais je vieillis je crois et ce n’est plus tellement rafraîchissant en face des petites cases de vies autour qui attendent leurs petites croix de lien. Il y a de plus en plus de croix et comment arriverais-je à les tracer moi qui ne peut me pencher sur le clavier à cause de ces manches cousues dans le dos ? Alors je tape avec le nez… Déjà je ne me fais plus autant sourire… Il faudra bien que je me montre en vrai, il faudra bien que je sorte de mon antre.
Il faudra bien que je leurs dise de vive voix que je les aime.
Je me sens comme une araignée dans la tempête de mon cerveau, l’ironie flirte toujours avec une certaine violence pour ma défense.

D’accord, je me suis longtemps abîmée je le vois bien, moi qui vais mieux. J’ai repris la truelle pour reconstruire des tours déglinguées, celles avec du vent et j’accueillerai les gens dans ma tourelle pour leur dire que je les aime.

29 mai 2008

Pourquoi Cédric Oheix va gagner


(Clin d'oeil à Ron)

1. Parce que personne n’y croit pas même ses fan, mais ils gardent la foi en leur sms. M6 aime les sms.

2. Parce que le jury ne l’aime plus et que le public aime les histoires qui se terminent bien. M6 aime les fictions sentimentales et sociales.

3. Parce qu’il portait un pull à col roulé so sexy hier 28 mai et que ça fait chaud. M6 aime bien l’érotisme grand public de 20h45.

4. Parce Ken a une Barbie qui passe bien à la télé et M6 aime bien vendre toute la panoplie Barbie même en dehors de Noël.

5. Parce qu’il entre en guerre seul contre tous et que le temps des héros est de retour. M6 aime les super héros.

6. Parce qu’il est intelligent or M6 aime la caution cérébrale, pendant 7 minutes tous les mercredi soirs.

7. Parce qu’il a un beau timbre qui balaye la voix nasillarde, trop jeune et glaciale de Benjamin. M6 n’aime pas le mauvais temps qui rend maussade et critique.

8. Parce qu’il alimente le suspens et la polémique. M6 aime la polémique (enfin M6 aime surtout nous niquer, mais ça c’est un autre problème) tant que ça fait parler d'M6.

9. Parce que son duo avec Amandine nous a bien fait rire. M6 aime la comédie.

10. Parce qu’Amandine fait un peu peur aux petites filles de 12 ans quand elle fait des moulinets avec ses bras et Benjamin ne fait pas rire la mère de 40 ans. M6 préfère ce que préfère la ménagère de 12 à 50 ans

23 mai 2008

Bilan -3

J’avais écrit quelque part que je serai un jour à la tête d’une collection hyper bien foutue. Matos, look, prix le tout ajusté à nos petits oignons dans une péréquation où notre marge, notre éthique et notre santé rappellent le nombre d’or, en vachement plus sexy.

J’ai le doigt sur le starter là. Encore quelques mois pour voir comment tout ça va arriver dans l’ordre ou le désordre. Trois ans de tâtonnements c’est long. Surtout sur 10 ans. Pour l’individu c’est harassant, pour une entreprise c’est irrationnel. Les premières années ont été dilettantes, nous étions tous les trois des étudiants noctambules pour qui la journée commençait vraiment qu’à partir de 22 h. Pour des raisons obscures nous restions attablés jusqu’à l’aube. Il y a des tables de studios qui nous ont vu refaire le monde autour de cafés noirs pour qu’on tienne la cap. Il y a des cahiers qui se sont noircis d’histoires irracontables.

Des rêveries indissociables de nos débuts d’entrepreneurs de pacotilles. Ça, me manque. Même si quand tu es parti Raphaël nous nous sommes peu à peu endurcis avec des objectifs adultes. Nous avons réussi quelques coups d’éclats avec félicitation du comptable, c’est vrai. Oui mais le rêve ? Depuis trois ans nous cherchions juste à remplir la caisse enregistreuse et ça laisse peu de temps au rêve, alors nous avons enchaîné quelques budgets sans enthousiasmes… mais j’aime pas être dirigée par un budget décroché.

Voilà aujourd’hui j’ai le doigt sur le starter. Nous sommes tout seul devant nos choix, nous nous sommes remis à créer, nous sommes en pleine gestation. Attention hein je ne parle pas de délire utérin. Avoir un enfant c'est une folie, mais je ne partage pas cette folie terrestre avec mes envies aériennes.

J’ai un sourire aux lèvres, celui avec cette fossette à gauche qui dessine mon amusement presque perpétuel. Presque. Je recommence à m’amuser et S. va bien. Et toi ?

12 mai 2008

Fell On Black Days



Avant j’avais une vie marrante. Enfin j’avais la même vie mais j’étais plus jeune. C’est une constatation navrante mais qui dit néanmoins qu’ « être plus jeune » induit une différence. Et pas des moindres. Je crois que l’on écrit mieux quand on est plus jeune. Je crois que l’on chante mieux, que l’on dessine mieux. L’expérience prend le relais mais impose des barrières inconscientes. Alors peut-être que l’on compose mieux, que l’on peint mieux, mais la quintessence d’un geste, le trait, la voix sont une affaire d’irréductibilité de l’individu, son empreinte.
Ensuite en vieillissant on ne fait qu’habiller le trait ou la voix jusqu’à oublier – souvent- la substantifique moelle.
On apprend des trucs, on comprend des choses qui enlèvent un peu de fraîcheur au propos.

…
Tout ça pour dire que j’avais écrit une lettre d’amour à Steeve Estatof il y a 3 ans qui devait être formidable de puissance (ré-)créative.
En trois ans, j’ai perdu en créativité. Mais j’ai perdu cette lettre également, alors Steeve si tu me lis, envoies moi une copie, s’t’eup’.

(Rires)

J’aimerais bien retrouver cette fraîcheur.

En tous les cas c’est un constat. Mais c’est un constat qui n’est pas triste, puisque j’en tire les conséquences bénéfiques depuis quelques mois. Les conclusions, je les mène au cœur de ma vie professionnelle qui retrouve ainsi une saveur un peu oubliée. Quelques trois ans d’errance.

L’étape qui suit l’apprentissage, juste après l’habillage du propos, est la prise de conscience de ce qu’il faut retrouver. Récupérer ce premier jet. Je coche.

Réapprendre à dessiner pour essayer de se surprendre à nouveau. Mais le peut-on ? Sans doute que non, du moins pas en essayant de mettre les mêmes pantoufles, peut-être en retrouvant les brouillons et en exploitant les traces écartées. Je coche encore.

J’en connais un qui a l’air d’essayer… je pense à Fishturn. Attention je ne prétends pas comprendre ses intentions, mais ce qu’il trace depuis quelques jours (heures) ressemble à une réorganisation autour d’un tronc. Ce qu’il sait de lui. Une réorganisation à partir du début. Le tout à la première voix, pardon, première personne. Ça me paraît courageux et donc intéressant. Je ne prétends pas comprendre ses intentions, non, d’ailleurs je ne parle pas de ses intentions, je dis simplement que le casting qu’il plante sur ce fond noir ressemble à des solistes ayant chacun leur voix, leur voie, attendant de la tracer, en attendant de se croiser. J’attends la partition et ses méandres qui s’enroulent autour de cette colonne vertébrale en forme de je à plusieurs strates.

Tout ce qui ré-explore m’intéresse, tout ce qui semble être mouvant m’émeut, et seul ce qui s’élabore est viable.
Evidemment, mais j’aime me le rappeler.

09 mai 2008

9 mai 2008 - En attente de titre

Quand nous tomberons comme des fruits
Des arbres trop hauts
Nous fixerons nos racines
Au sommet de nos mots

Nous serons devenus des hommes
Pour qui le sol tremble
A chaque bruit qu’on nomme
Loup fée sorcière
Et puis toutes les lumières…
Alors nous serons devenus des mômes
Pour qui les eaux tremblent
A chaque frémissement d’air

Pour tous ces bruits qu’on nomment
Alors nous deviendrons des hommes

Et ce sont nos rêves que nous réveillons
Et puis ce sont nos terres que nous foulons
Nos cathédrales de branchages
Nos candélabres de roseaux
Nous tomberons de nos arbres
Quand nous trouverons nos mots.


02 mai 2008

Attention, lyrisme explicite à l’intérieur : Cédric Oheix.



Difficile après Julien Doré de donner à voir et à entendre au fond du canapé du salon. Cette année l’émission du mercredi en prime time s’enlise. Les chansons de groupe sont désastreuses, mal réglées. Mais aussi n’ai-je jamais aimé les chansons de groupe, mon côté individualiste certainement. Il y a moins de fun, moins d’inventions. Beaucoup de jeunes – pas mauvais - qui s’écoutent et se prennent beaucoup trop au sérieux. Du talent c’est vrai, j’en trouve chez une Amandine très hot dans son groove, un Benjamin qui met de la soul un peu partout. Mais surtout je le vois, cash, chez Cédric. Cash et honnête. Or être honnête paraît désuet et presque déplacé à l’heure de l’emballage bling bling. Parce qu’aujourd’hui il faut briller et puis se consumer. Vite.

Voilà un garçon respectueux, honnête donc, qui n’est pas ennuyeux pour autant. C’est un gentleman qui flirte avec un certain désespoir. Même s’il a la carrure pour verrouiller le pathos à deux balles. Il retient son côté sombre face caméra mais pas dans sa voix quand il chante. Il a le désespoir intelligent, c’est peut-être ce qu’il a de plus sexy.
Il me fait penser à l’homme au poncho, un cowboy philosophe et pragmatique. Marrant pour un marin. Peut-être que le point commun c’est le temps du voyage, la durée et le déplacement.

Cet éclairage m’est apparu comme un lampion d’arène mexicaine lors de son interprétation d’ « Emmenez-moi ». Il était une sorte de cowboy solitaire, là au milieu de la scène. Pas celui qui garde les vaches toute la journée et qui fait le tour de son ranch en soirée mais celui qui va au devant des emmerdes en toute connaissance de cause. Il y avait des accents « breliens » dans ces cris qui montaient, presque du flon-flon (le torero dans la lumière de l’arène, oui je sais je passe du cowboy au torero, sans prévenir, olééé !) et puis les accents sont devenus plus rock, plus libres, plus sauvages (le solitaire qui poursuit sa mission).
Non ce n’était pas parfait mais ce soir-là j’ai vécu une histoire assez étonnante.

Apprentissage, douleur et rédemption. Ce truc qui fait cogiter les hommes et les femmes qui veulent tenter l’aventure du bonheur, on ne peut pas l’appréhender avant un certain kilométrage. Il est pas tout jeune le Cédric, je suis bien placée pour le dire hein, j'ai le même âge. Alors il se connaît bien, c’est la contrepartie, il sait mener son cheval, il sait prendre du recul et je lui trouve une bonne dose d’auto-dérision.

Ce mec est un rocker dandy, il le reste même dans un répertoire de crooner (« I’ve got you under my skin »). Sur ce titre il a balancé un swing classe sans œillade insupportable, il est resté droit sans sur-jeu, droit dans son attitude, droit dans sa voix, si belle dans les graves. Il fait du bien dans ce programme. Mais je pense que tous ceux qui ont écouté ses morceaux sur son Myspace ont commencé à bouillir d’impatience. A quand le rock, le vrai, le dur celui qui s’écoute avec le bas-ventre ? Celui qu’il aime et que j’aime aussi, c’est-à-dire celui qui offre une belle palette avec des guitares héroïques, des basses infernales, une batterie en folie et surtout qui donne envie de s’énerver et sauter partout.

Il a répondu trois fois à l’appel du rock – français - pour le moment. Trois univers assez similaires : du sombre. Noir désir, Bashung, Axel Bauer. Avant-hier le dandy s’est lâché sur « Eteins la lumière ». Cédric sait bouger et le fait mmmhmm bien ! Il a transpiré, il a échangé avec les musiciens, il a souri à la fin, a eu l’air content ! En un mot, il a dû se faire plaisir (autant qu’on puisse se faire plaisir dans ce genre de compétition). Je pense qu’après deux visites dans des univers un peu tenus du collier, où il s’est risqué le cuir par deux fois avec Sinatra et Aznavour, il devait se sentir plus à l’aise dans ses santiags !
Mon coeur de midinette chavire je l'avoue, quand il crie. Mais comme il crie avec un sauvagerie toute intelligente... ouf l'honneur est sauf. Hahahaha !

Bon et maintenant à quand du Led Zep ? Bon anniversaire mec.

30 avril 2008

Is that all, folks ?

Un truc terrible à avouer. Ceux qui me connaissent pour de vrai le savent déjà : oui je regarde la Nouvelle Star !
Je suis depuis le début ce télé crochet. Depuis Steeve Estatof en particulier. Je défends bec et ongles l’émission contre les méchants/les inconscients/les ignares/les sourds qui disent que c’est comme la Star Ac’ ! La Star Ac, moi je l’aime à travers les yeux de Coudy (oui ça on l’a compris). Et la Nouvelle Star je l’aime à travers tous mes sens surtout. Bons sons, en général bons candidats castés réellement, bon jury (ah Dédé, ah Phi-Phi), bons arrangements, bons musicos, bonne ambiance et plutôt bons choix de chansons dans l’ensemble qui ne sonnent pas trop « TF1 ». Enfin, j’ai quand même eu quelques mauvaises surprises en quatre ans. Mes oreilles de rockeuse psycho-électro pop métal neurasthénique souffrent facilement. Par contre, comment ne pas s’enthousiasmer quand on nous sert du Nirvana magistralement interprété par un feu follet équilibriste et grunge en 2004, une jubilatoire Lolita maniaco-dépressive l’année dernière et du Noir Désir sombre et profond comme l’amer, il y a peu ?

Oui mais voilà, cette émission sympathique de divertissements ne serait-elle pas au bout du rouleau ?
Mercredi dernier nous avons assisté à une pathétique farce où nous ne savions plus trop qui était le dindon et qui était la farce. Pas drôle donc, et fâcheuse pour nos amis candidats qui eux « candidatent » contrairement à la vraie fausse recalée du premier casting, annonçant après sa prestation éblouissante de mauvais kitsch sans second degré, qu’elle signait avec M6 Interactive.
Bon qu’il y ait du fric à se faire au détriment de toute éthique, soit, mais pas au détriment de la ménagère intello coincée de moins de 50 ans !
Alors ce soir je regarderai avec moins d’amusement ma télé boule à facette, mais je regarderai néanmoins avec beaucoup d’attention et avec tous mes yeux et mes oreilles le mâle effet : Cédric - avec 3 « i » - Oheix.
La morale de cette histoire : c’est que M6 m’a bien couillonnée parce que si j’avais voulu boycotter cette émission, ben… j’aurais pas pu, à cause du marin !

16 avril 2008

Sa télé cartonne


Nous sommes en 2034, nous avons 60 ans et Interville, Fort Boyard et La Star Ac’ ont disparu des ondes. Pas de soucis, Coudy est là pour nous rappeler ce que nous avons oublié ou bien raconter à nos enfants (ou bien chats, poissons, musaraignes) et à leurs progénitures ce qu’ils ont raté.

Attention vous allez assister à un moment de haute technologie écologique. L’humour ici est en carton recyclable et côtoie mine de rien la poésie de l’absurde. Coudy pourrait être le petit frère de Michel Gondry avec ses bouts de ficelles finement maîtrisées. Finesse, voilà le mot qui caractérise bien ce trentenaire qui a déjà trempé dans pas mal d’expériences télévisuelles et radiophoniques (lisez donc son parcours sur son myspace, là).

Monsieur joue tous les rôles de ses sketchs avec beaucoup de justesse dans la caricature et la réussite d’un personnage réside dans l’attitude saisie plus que dans son imitation vocale pure. Une perruque sur la tête, une mouche sur la lèvre et un gimmick : voici Armande Altaï ! Une simplicité efficace. Ce n’est jamais méchant, et surtout, les tics des émissions pastichées sont savoureusement croquées à travers un décors volontairement cheap qui ressert à chaque (?) sketch mais réactualisé avec plein de détails drôlissimes. Un décors très cartoon et d'ailleurs tout ce carton peint me fait penser à une case de bande dessinée, voire même, à un Larcenet dans un Bill Baroud. Le montage est très bien foutu, nerveux. Musique, réalisation, rythme, jeu… non vraiment à rien à redire c’est nickel chrome ou plutôt c’est du 100% cellulose !

Alors évidemment comme mon introduction ne le laisse pas entendre, il faut quand même connaître un peu les émissions pour apprécier pleinement les clins d’œil de ce jeune humoriste et de son équipe de bricoleurs fous.
J’ai adoré son regard sur « les chiffres et les lettres » (les rouleaux de PQ qui servent aux tirages des chiffres) malheureusement je ne l’ai pas retrouvé… Est-ce qu’une rediffusion sur France 3 pourrait me sauver ? un DVD peut-être ? Bref, parmi d’autres à consulter sur son Myspace, voici La Star Ac :