Pan !
Mouais
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Libellés : Cour de récré, Intérieur nuit
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Libellés : Intérieur nuit
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Libellés : mes yeux et mes oreilles
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| Photo prise par Théodore (3ans) |
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Libellés : mes yeux et mes oreilles
Ne plus les mots s'étalent. Alors les avaler avec la journée dans son grand verre de jus d'orange.
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Libellés : Cour de récré
Bon alors quoi, merde alors, Pierrot, mon ami, il pleut dehors, ouvre moi ta porte! Promis si tu ouvres, je laisse mes chaussures dans l'entrée.
Je me perds en conjectures : ton index a ripé sur mon profil? t'as viré tout le monde? j'ai perdu à ton jeu et bim bam boum dehors?
Alors quoi je ne suis qu'une greluche, toi le maitre de ces lieux, ne peux-tu pas en compter une de plus? Il faut de tout pour faire un monde, et puis quand même je suis une greluche première classe.
Alors quoi, j'ai mal répondu l'aut'jour? Tu veux que je m'allonge sur le canap' pour te raconter mes blocages. Je peux pas me voir en peinture, alors en photo... Je pars en vrille quand on me dis que je suis bandante, parce que tu vois je suis une femme voilée, là à l'intérieur. Un truc verrouillé depuis l'adolescence rapport à une féminité mal digérée sans doute. Pourtant je peux parler cul pendant des heures, pourtant je me noie dans des océans de plaisir... pourtant, oui je verrouille. Et ça ne m'aide pas à me sentir mieux, mais c'est la parade que j'ai trouvée. Et je sens bien que tous ces mots là étalés vont m'assécher à coup sûr.
D'ailleurs je n'ai rien à déclarer, rien de profondément universel à fixer dans le marbre, je ne sais parler que de moi et finalement assez superficiellement. Je manie mal la géopolitique, j'ai une culture pop très partielle. Quelques souvenirs d'histoire de l'art, la danse en fond sonore. Voilà pour me vendre. La fille sexy c'est pas moi, c'est l'autre. C'est pour cela que je soliloque ici sans doute. Je n'ai rien dis d'aussi personnel d'ailleurs depuis des lustres. Même si je ne suis pas complétement honnête. Derrière un écran comment l'être?
Et là tu vois en enfilant ces lettres au fur et à mesure, mon côté salope se réveille, mon capitalisme primaire enroulé dans mon cervelet embourgeoisé : je rentabilise. Si je ne dois plus rien écrire pour cause de vaginisme intellectuel, autant le recopier sur mon blog comme une ode à ma misère. Je marquerai ainsi pour toujours le jour où j'ai mendié.
C'était jeudi. Alors quoi, Pierrot, mon ami...
Alors quoi je pourrais te demander comment toi tu vas? C'est vrai ça comment tu vas? C'est con mais en fait c'est peut-être la seule chose que j'aurais dû t'écrire.
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Libellés : Extérieur jour, Intérieur nuit
Janvier : an 1.
Mon baromètre me dit que mon monde s'est écroulé le 23 septembre 2014. Mais le vieux monde s'est écroulé en janvier 2015. 1 an, depuis les souvenirs se sont accrochés aux actes déroulant leurs puissances dramatiques. Méthodiquement et avec la télégénie du désenchantement.
Je m'étais dis qu'ils y été allés un peu fort chez Charlie Hebdo, quand même, pour parler de la liberté de la presse... inventer un attentat, c'était too much. Sauf que c'était pas pour rire.
Et puis plus rien n'était pour rire ensuite. Le monde bricolait ses histoires à rebondissements de violences tribales, de manipulations médiatiques. Je me souviens en septembre...
Une minuscule plume est tombée. Je l'ai rattrapée et là un léger rire
s'est élevé. J'ai crié au ciel que les anges faisaient mal leur boulot.
S'en est suivi un chuchotement, un bruissement, puis comme un grand
choc. J'ai tourné la tête en tout sens... ai-je rêvé?
Je suis triste mais préfère mille désillusions aux cauchemars très réels s'échouant à nos frontières proches.
Et puis en novembre Bibi chat est tombé malade.
Il s’est retrouvé aux urgences
pédiatriques jeudi 12 novembre, perfusé et avec
moult autres tentacules qui faisaient clignoter de jolis écrans à
l’autre bout. Sa deuxième nuit d’hôpital à inviter une drôle de sensation dans notre intimité. C’est la colocataire
de notre chambre, qui, distribuant des nouvelles de son propre fiston à
son téléphone, se fige, et se tourne vers moi et m’annonce : il y a des morts à Paris, plein de morts. Je me suis dit à son ton, que ce n’était sûrement pas normal. Encore une blague à la Charlie.
J’ai compris que des entités non terriennes nous étaient tombées
dessus. Les martiens avaient débarqué et dirigé leur faisceaux
déglingueurs pour nous prouver qu’ils n’étaient pas de notre monde et
loin de notre logique jouisseuse. Nous faisons des enfants, les
incubons, les accouchons, les allaitons pour qu’ils durent un peu. Les
options pour qu’ils vivent heureux sont de plus en plus minces, nous le
savions dès leur premier cri, certes, mais nous avons la mémoire du
monde courte et nous nous partageons une intelligence humaine bâtie sur
le plaisir rapide. Les aliens s’en foutent. Ils n’ont pas besoin
d’intelligence, ils n’ont pas besoin de bonheur, ils ont besoin
d’espace. Toujours un peu plus d’espace.
Depuis ? Depuis nous en sommes là à compter les jours qui nous séparent du bonheur d'être des humains.
Enfin pour ma part c'est un peu faux. J'ai un petit garçon qui va bientôt avoir trois ans. Et je l'aime.
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Libellés : Intérieur nuit
Animal transcendantal je suis.
Alors plus fort je bouffe du décibel, plus profond je baise, plus rempli je bois. Je me fonds dans mes égaux, et parce que j'ai la chance de vivre une ville enjolivée d'histoires anciennes, je me répands sur les terrasses proprettes, à rire et à chanter la vie pour l'oublier ou la refaire. Je me fonds dans mes congénères, choisis, recrutés selon affinité et les clique sur "Partager" pour oublier la vie ou la refaire. Et parce que j'ai la chance de pouvoir payer mon clic je peux me permettre de maudire cette vie qui nous offre ces clics, son toc et ces claques.
Cette vie qui nous attache aux autres transcendés et bourgeonnants, comme moi, d'excroissances extra-naturelles, a l'insolence d'exister aussi dans l'isolement des bois, dans le silence et la paix. Nous nous y abreuvons à l'occasion, voire nous nous y shootons, trouvons là encore une autre forme de transcendance.
Nous espérons parfois vouloir faire croître d'autres bourgeons débarrassés de néons, d'écrans et qui nous appellent parents de toutes leurs forces. Une spirale de vie, ou bien un moment qui passe? Nous y plongeons avec délice, humant leur crâne innocent, faisant briller nos larmes retenues dans leur miroir lisse. Cela ne dure qu'un instant car nous devons nous lever pour remplir nos frigos et continuer à cliquer, abandonnant l'illusion de l'éternité sereine et apprenons que les plaisirs simples ne sont pas des cadeaux mais des options à gagner.
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Libellés : Cour de récré, Intérieur nuit
Dessin de Fredo. http://byfredo.deviantart.com/
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Libellés : Extérieur jour
Ça va mieux. Je crois que c'est fini. J'ai attendu un peu avant de l'écrire. Quelques mois.
Certains palais engloutissant mes larmes dorment désormais au fond de l'eau. Rien n'émerge à la surface. Calmes et miroitants, des ronds formant rêveries et éveils lucides troublent normalement, justement et simplement, comme le ferait une respiration régulière. Mon entreprise disparue, mon fils s'est révélé être un petit bonhomme solide. Je sais que je ne devrais pas dire cela, et j'ai tout fait pour le protéger de ma dépression, mais il m'a toutefois apporté quelques mouchoirs...
Je pense que j'ai joué le plus difficile des rôles et qu'il n'y avait peut-être que les chiottes dans lesquelles je m'enfermais qui connaissaient mon vrai visage alors. Quelques murs également ont entendu ma rage et quelques nuits m'ont laissée sur le rivage.
Enfin peut-être est-ce cela être adulte : cacher le pire aux gens qu'on aime, qu'on estime.
Ce qui va me rester : un sentiment de gâchis. De ce monstre qui me rongeait, je n'en ai rien tiré, rien de productif, pas une image, ni dessin, ni écriture, même pas un meurtre. Les mois se sont juste accumulés et puis le lac est de nouveau lisse, prêt peut-être à raconter une nouvelle histoire.
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16:21
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Alors le 23 septembre 2014, j'ai perdu ma petite entreprise. C'est-à-dire, j'étais sur les Quinconces et je me suis retournée, elle n'était plus là. C'est vastes et venteux les Quinconces, tristes comme un dimanche. Bon elle m'a habillée pendant plus de 16 ans, j'imagine qu'il va falloir que je me désape de tout. A poil pour pouvoir avancer. A poil !
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Théodore alias Gengis de Landerneau dort au bout de mon sein.
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Libellés : Extérieur jour
Je me rends compte...
Il y a quelques mois j'essayais de réunir tout de ma vie d'avant, de profiter de tout avant qu'elle ne change. Peur panique parfois, malgré le choix, assumé, réfléchi, voulu et enthousiaste, il y a eu quelques réveils en larme et promesse que S. devait tenir : nous serons trois, mais nous serons deux aussi, toutes les fois qu'il sera possible. Aujourd'hui je me surprends à être impatiente... presque. Et même si je pense de temps en temps qu'il s'agit d'un jeu dans lequel je tiens un rôle impensable, je trouve le costume de moins en moins large, je me sens crédible, et je crois que je pourrais même y apporter ma touche, j'imagine même qu'il n'y aura rien à sacrifier de ce que j'étais. Il aura mon lait, ma tendresse et mes levés nocturnes. Il aura ma vigilance, mes inquiétudes, ma patience et mon impatience. Il aura mon amour et mes pensées entières, dévorantes quand je le confierai à d'autres. Il aura bien sûr mes premières colères, fessées sans doute aussi et puis mes histoires d'escargot, mes jeux improbables et les dessins sur le sable. Il aura les recettes inventées, les départs précipités, les oublis de rendez-vous pénibles, les rattrapages et les plans sur la comètes. Il aura le monde à réinventer, les grottes à creuser pour nous y retrouver tous les trois, pour nous y forger tous les trois, pour nous y blottir contre le monde et quelques sorties au monde aussi. Il aura le monde à franchir, à découvrir au creux des paumes et des sourires, et je l'y aiderai.
Un mois encore. Enfin c'est lui qui décidera.
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17:45
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Libellés : Extérieur jour
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20:50
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Chaque fois c'est pareil .
Allez c'est pas grave, viens.
Oui mais après, tu sais l'après ? La courbe, l'euphorie, on y croit, on est transporté, on existe plus fort et puis on redescend.
Et alors, on n'y est pas encore.
Non pourtant j'ai presque déjà envie de pleurer.
Mais on n'a pas fait deux mètres...
Et voilà, tu le dis, c'est déjà derrière.
... Pff tu gaches tout.
Alors je n'y vais pas.
T'es pénible.
T'as pas peur toi ?
Si mais je veux voir.
Moi aussi...
Alors viens on y va.
Qui c'est qui paie ?
C'est gratuit.
M'étonnerait, y a jamais rien de gratuit.
Je te l'ai déjà dit peut-être...
Quoi ?
Que t'étais pénible.
Oui mais tu comprends la vie est meilleure fantasmée plutôt que vécue non ?
Okay, la réalité est souvent chiante je te l'accorde, mais prendre tous ces trucs nouveaux dans la gueule - pour de vrai - c'est...
... la déception, le désespoir, la tristesse infinie, la mort...
C'est dingue ça, on y va à cette putain de fête foraine, oui ou merde ?!!
...
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16:20
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Libellés : Intérieur nuit
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Libellés : Extérieur jour
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Libellés : Extérieur jour
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Libellés : Extérieur jour
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