15 septembre 2006

Savourer l'ombre et le thé à la menthe/2

Quand les ocres se fondent dans le plomb, les nuages fleurissent dans les flaques. C’est une vérité vraie aussi vraie que l’orage nous a fait économiser quelques degrés alors la vie peut repartir, les chats s’arrêtent à toutes les portes ouvertes, passent une moustache en mendiant piteusement et lentement les vautours reprennent leurs rondes.

Un peu de pluie tiède et tout s’ébranle sous nos godasses, les pierres d’oxyde de fer et de cuivre roulent avec leurs pigments, c’est Hassan l’artiste du désert qui les colle sur sa toile. Il peint des ancêtres dévoués au Ouali et à 300 ans d’autarcie que l’on dérange en deux jours. Même les nomades contournent leur minuscule oasis.
Le calme et les gamins des rues roses ont enveloppé leur pain de vache qui rit. Je ne m’étonne pas. C’est l’heure du goûter et nous goûtons aussi, de l’huile et de la confiture de figue, on mange en silence et en sourires. Nous ne disons plus rien, je déguste ce plaisir de toucher du doigt et des yeux d’exotiques clichés. Comme dans un roman ou sur un écran, chacun prend la pose et suit les maigres lignes de ce scénario que je fixe dans mon crâne. Les murs de terre s’élargissent au fil des naissances, des pièces poussent du sol lui-même, on trace un carré de jardin où s’élèveront quelques palmiers.


Les nomades contournent l’oasis mais pas Internet, mon cliché s’en prend plein la gueule, et avec de la vache qui rit sur les doigts, je sors enfin de ma torpeur lyrique, H. me donne sa carte et son e-mail et je lui promets d’envoyer les photos.

11 septembre 2006

Deux journées ont suivi. Nous nous sommes confrontés à l'administration locale. Assez marrant, le responsable du centre régional d'investissement le dit lui-même : ils vivent à l'heure d'été...
Pas de photos faites, pourtant de belles installations ultra modernes et zen, cadres aux murs, couloirs aéré, patios, des machines à café, des salles d'attente vides et des bureaux déserts. Nos projets dans les poches cherchent Monsieur A.
Changement de décors.

Là, nous sommes certain que nos vies s'affolent, nous devons visiter LE village, rencontrer H. Ici pas de visites touristiques prévues, nous prenons les taxis de Ouarzazate à la gare routière. Les "grands" taxis Mercedes, d'un âge respectable rafistolés avec de la pauvre ficelle. Ils ne partent que lorsqu'ils sont bourrés. Deux sur le siège passager, quatre à l'arrière, nous attendons la mama avec son panier remplis de sacs plastiques bleus, du poulet au fond, je pense. Chéri est coincé à l'avant contre la portière qui ne ferme pas vraiment. J'ai évidemment le droit au même confort à l'arrière. Je m'accroche à la poignée pour ne pas écraser la vieille dame, même si elle de son côté m'écrase sans vergogne, de toute façon au bout de trente minutes de trajet, la sueur des uns humidifie les vêtements des autres et le contact des cuisses inconnues deviennent sans importance tant on se concentre sur les virages et les portières branlantes.
Arrivés dans un chaos de poussière, au bord d'une route bordée de cafés déglingués et de bouteilles de flotte vides, nous attendons H. Nous transferrons nos sacs dans une 4 L blanche et empruntons la piste. H. est très beau, la peau presque noire, très mince comme tous les berbères que nous avons cotoyés jusqu'à maintenant. Je crois qu'il sait qu'il est beau. Il n'ose pas encore me regarder mais il me draguera avec beaucoup de délicatesse quelques heures plus tard !
Au milieu de nulle part, le village surgit au bout de la piste. Le désert sous un ciel d'orage et quelques palmiers se découpent dans le plomb et l'ocre rouge. Huit famille vivent là, dont celle d'H.
E. met sur pied avec l'aide de H. un programme de restauration du village et de developpement de l'artisanat local. Une ferme devrait voir le jour, des ateliers de fers forgés fonctionnent déjà bien, d'autres sont en préparation... et mon coeur palpite. Pierres après pierres, maisons après maisons, Nous sentons que tout colle. Tout m'imprègne, il y a quelque chose à faire, il y a de l'avenir à construire en pisé en roseau en tuya. Nous ne savons pas comment exactement, ce n'est pas le moment de réfléchir pour de vrai, mais les sourires que nous échangeons en silence confirment que nous sommes d'accord.
Nous avons été reçus chez tous ses cousins et amis, nous avons partagé le thé trois fois et j'ai fait la bise à son neveu. H. était déçu que nous ne puissions pas rester dormir chez lui, il nous a semblé presqu' indécent de dire que nous étions pressés. Mais avec E., H. me confie en fait, qu'ils sont habitués, les français sont toujours pressés. Je repars avec du khôl neuf qu'il a marchandé à sa soeur, il m'a montré comme l'appliquer, nous lui avons laissé l'un de nos jeux.
De retour à l'hotel nous savons déjà que nous reviendrons, au moins pour rencontrer E. qui était malheureusement coincé à Essaouira pendant tout notre séjour. Nous confions à H. le soin d'être notre ambassadeur. Entremetteur et nouvel ami, nous nous sommes embrassés et serrés les mains. Le courant est passé, nous nous sommes compris.

Savourer l'ombre et le thé à la menthe






Une journée marathon avec nos amis et leurs enfants. Au programme : la route des 1000 Casbah, la vallée des roses et les gorges du Dadès. Du désert, des lauriers roses, des ballades à pieds pour les grands, en mule pour les petits, des tagines, des figues et le luxe de faire semblant de croire que nous sommes les six premiers touristes dans ce village où le linge sèche sur les pêchers sauvages. Notre guide est adorable, il explique à la petite Andréa que "non la mule n'est pas fatiguée, elle était en vacances depuis une semaine, elle est contente de reprendre son travail de mule". Plein les sens, plein les pupilles, tant que j'en ai même souvent oublié de photographier et puis d'autres fois je me sentais comme un rapace, toute à la fois fautive voyeuse et victime de cette beauté que j'avais du mal à saisir. Maladroite. Mais heureuse.

Le retour s'est fait dans une fatigue sereine, le 4X4 climatisé nous renvoyait dans notre bel hôtel feutré entouré de datiers, ficus et fontaines. La mule devait dormir maintenant et Andréa sombrait dans les bras de son père.

Le lendemain notre travail allait également être à l'ordre du jour.

22 août 2006

Le blog comme une cocotte en papier

Ceci dit je tourne toujours autour du pot, il s’agit de mots, de sujets, plus que de tristesse (je ne suis pas du tout triste, à peine morbide, juste légèrement dépressive), il s’agit de matières virtuelles à remplir de bouts de vides qui ont de la mémoire. Le vrai sujet de la tambouille qui s’étale sur ce blog c’est le blog lui-même qui se nourrit de ces bouts de vides et aussi la tétanie intrinsèque qui m’agite comme une petite vieille atteinte de Parkinson dès que je me logue. Parce que je garde cette peur au ventre de donner du sens au magma qui m’habite. Magma, vide, c’est du pareil au même, j’ai la conscience aigue d’avoir l’étalage dérisoire - en trop léger, embrouillé ou trop lourd - mais fatalement dérisoire. Enfin tout me paraîtra dérisoire à un moment où à un autre. Je lutte donc contre moi-même et certaines lourdeurs que je n’assume pas si bien. Alors entre deux conneries pour rire je me bagarre dans l’arène luttant contre mes sujets lourds et opaques et mon code de l’autodérision. Comment doser les deux, comment les faire cohabiter ?

Alors pour répondre à Mafalda, peut-être que le combat est plus intéressant que l’issue de la bataille.
Peut-être qu’on ne peut véritablement pas tricher avec ce que l’on est dans la vraie vie, je me bats au quotidien alors je livre bataille entre ces plates bandes de placoplâtre. Peut-être qu’on continue à écrire pour chercher la formule magique avec sa dose de frustration et de plaisir, de léger et de lourd chaque fois renouvelé. Un combat pour dire du sérieux sans se prendre au sérieux.

C’est de plus le seul moyen que j’ai trouvé pour classer et étaler des pensées en dents de scie, avec l’idée que rendre public des idées, des formulations permettraient de m’en détacher pour y voir plus clair. Plus qu’avec une oreille amie où je déverserais mes sinistroses et qui finiraient par me dégoûter de moi-même ou bien par me rendre insupportable à autrui. Ici si j’insupporte on me zappe, l’ego à peine éraflé. Point barre et je m’en retourne à ma vie laissant l’escargot à ses hélices en carton.

Une psychanalyse ? Non merci je n’ai aucun problème grave à part mon goût pour Praxis et la peur de perdre mon index droit dès que je passe la main à travers la vitre baissée d’une voiture en marche.
A vrai dire mes problèmes sont une source intarissable de surprises pour luter contre l’ennui.

Visiblement avec un peu plus de 89 laborieux posts, ce n’est pas non plus une cour que je recherche c’est plutôt des rencontres sans contrainte et puis surtout de la lecture en mouvement. Un plaisir facile qui me pousse à me connecter dès que j’ai un iota de temps, l’esprit libre et lorsque la température ne m’attire pas à l’extérieur. Peut-être que dans formidable excès narcissique je rassemblerai tout ça pour l'imprimer et en faire une super cocotte en papier.
Une question cependant : Est-ce que l’écriture d’un blog développerait à long terme un rapport incestueux avec sa petite personne, moi et moi pour le meilleur et pour le pire se lustrant le poil dans le bon sens, ou dans le mauvais selon le menu masochiste du jour, ou bien encore entretiendrait une schizophrénie lénifiante, un moyen de se décalquer la tête à peu de frais et sans ordonnance, flirtant ainsi toujours sur le fil de la réalité ? Peut-être. Alors une horde de bloggers rempliront les cabinets de psy.

Je demande un truc tout simple en fait.
Me rafraîchir la tête avec de l’air et des mots qui ne sont plus vraiment à moi puisqu’ils ne restent pas dans mon calepin. Le premier ou la première qui me propose un ventilateur ou un climatiseur, je m’invite chez lui ou elle, avec mon chat et mon homme.

Sinon, moi j’dis, la dépression se combat avec un bon anti-cyclone. (Merde je viens de louper l’occasion de faire mon 91ème billet).

21 août 2006

Dimanche DT





Il falloir que je fasse quelque chose pour mon odeur corporelle. Pour ou contre ? Je ne sais pas trop, j'aime bien mon odeur en fait. Raf et Isa sont partis depuis déjà quelques jours nous relivrant à nos habitudes du dimanche : la marinade oisive et bienheureuse. Un peu de musk pour se rappeler à notre intimité. Glamour zéro mais beaucoup d'amour dans ces vieilles guenilles trouées et caleçons sans élastique. Trop froid pour se doucher ou bien partir au sud. Trop d'effort à fournir ou bien regarder par la fenêtre le menton posé au creux des paumes. Raf est parti avec un bout de nos vies et nous bouchons ce dimanche avec quelques pansements sous nos pull over d'été. Raf est revenu avec des morceaux d'hier, cette aventure que nous avons commencé à trois lorsqu'on nous avons signé ce prêt d'honneur et déposé les statuts.
Nous la poursuivons à deux depuis six ans une éternité, la prolongeons plus loin pour mieux rebondir et je pense qu'il faut se fixer une dernière chance, le saut ultime, prendre l'élan et revenir enfin grands, remplis de certitudes sur ce que nous faisons. Parce que cette fois je n'irai pas au-delà et il sera définitivement inutile de s'acharner. Ici je certifie et jure sur ma tête, si je mens je meurs. En tous les cas je ne veux plus ni me mentir ni me tromper. *
*Il est 17h et je viens de changer la fin. Aujourd'hui je me sens plus sereine que les mots inspirés de la veille. Ca ne se voit pas forcément mais je suis positivement déterminée à réussir. Et si tout doit s'arrêter, je saurai le reconnaître.

19 août 2006

Ile était une fois (wouah le titre naze)

Cette année je ne suis pas allée voir ma crotte de terre posée dans le golfe du Morbihan. Il y a quelques années je n’aurais pas hésité une seconde à faire 700 bornes dans la journée pour aller sur mon île. En faire le tour en une heure puis repartir.
Mais je crois bien que ce n’est plus mon île.

A la fin des années 70 j’ai découvert que les enfants poussaient dans des cocons à géométrie variable. Un jour les parents les posaient dans un club poussin, une autre année les enfants rejoignaient le club ado. J’avais à peu près 5 ans et des moniteurs Hippies. Ils nous apprenaient à soulager les brûlures de l’Ortie en cueillant du Plantin, à manger des fleurs en faisant parler les Gueules de Loup. Suis pas sûre que de nos jours on laisse les enfants manger des Coucous dans les fossés. Suis pas sûre qu’aujourd’hui les enfants jouent encore aux fleurs. Ma mère posait en bikini à ficelles pour des photos qui allaient jaunir et mamie relevait sa jupe pour fouler la mer.

Enfin bref, je laisse à mes souvenirs le soin de retourner à leurs songes. Mélangeant au fond de leur tiroir, les âges et les styles vestimentaires évoluant imperceptiblement vers les bandanas fluos puis les conneries insolentes de mes 15 ans. Ebouriffée, dubitative, mi figue mi raisin, je sortirai encore au petit matin de la chambre de l’animateur kayak, ou planche à voile mais pas musique. Finalement il ne me plaisait pas tant que ça celui-ci. On piquera encore et encore les bouteilles de vin et de cidre des salles à manger et on picolera dans le sable en fumant tout ce qui peut se fumer.

A la fin des années 90 j’avais décidé de ne plus y revenir et de m’affranchir une fois pour toute de ces vacances dégoulinantes de bonheur familial vaguement écœurantes et vaguement ennuyeuses sur la fin. Je m’étais parjurée quelques fois depuis, traînant ma vie de… de… enfin de femme dans mon sac du week end. Chéri, boulot, voiture bien roulés comme un beau diplôme. Espérant entraîner dans mes vieilles traces mes nouvelles empreintes, mais je ne supporte plus de voir les enfants tout neufs des vieux amis qui n'en sont plus ou bien de retrouver un parent de copain qui a fripé comme s’il n’avait jamais quitté ce coin de plage et racorni sur place.
L’île et moi, ça ne fonctionne plus vraiment. Ce n’est pas si grave. Je vais peut-être trouver ce que je cherche au Maroc.

Moi j'dis... j'ai rencontré mon ADN


Ben vu d'ici ça ressemble à rien.
Et je ne vous dirai pas quelle partie de mon corps j'ai passé au mixer.

Raaaahlala, quand je pense qu'on s'emmerde avec des teintures et des régimes et qu'au final, enfin plutôt à la base, on ressemble tous à ça ! A un espèce de lichen pourri.

01 août 2006

Potion vaudou

Temps de préparation : 30 mn à 1 h 30 selon votre dextérité. Niveau requis : débutant ceinture pissenlit.

Ingrédients :
Une banane, ou une tomate ou même du foie (à vous de choisir l’élément qui va morfler)
Sel de table
Mixeur
Tube à essai ou gobelet en verre ou en plastique
Entonnoir (pour ne pas tout saloper, mais vous pouvez faire sans, évidemment)
Carafe
Filtre à café
Liquide vaisselle
Alcool à 90 ° (non ça ne fonctionne pas avec de l'éther ni avec du chloroforme)
Eau (Inutile de récupérer la rosée d'un soir de pleine lune, celle du robinet suffit).

Mode opératoire :
Découpez, écrasez grossièrement la banane ou la tomate ou le foie (choisissez ! il ne s’agit pas d'un cocktail) dans un bol et recouvrez d'eau. Ajoutez une pincée de sel ainsi que le liquide vaisselle (une cuillère à soupe). Mixez (vous pouvez mâcher le tout aussi et recracher) et filtrez grâce au filtre à café, puis récupérez le jus dans une carafe. Faites couler quelques millilitres d'alcool le long de la paroi du tube ou du verre incliné. Il ne faut surtout pas que l’alcool perce la surface de l’eau, il doit rester au-dessus.
Attendre quelques minutes. Si tout se passe bien, des filaments blanchâtres vont apparaître dans l'alcool.

Mais Koitesse ?
C'est l'ADN du truc que vous avez broyé !
Magique non ?

Explication (si vous ne croyez pas en la magie) : La phase de mixage permet de séparer les cellules. Le sel perfore la membrane cellulaire et les fait éclater. Le liquide vaisselle dissout les graisses car la paroi cellulaire et celle du noyau sont composées de lipides. La filtration permet de se débarrasser des gros débris et des grosses protéines. L'alcool va ainsi précipiter l'ADN et le rendre visible à l'œil nu.
Merci la télé.

Ok, je me lance et je vous fais part de ma propre expérimentation. Je me souhaite bonne chance.

29 juillet 2006

Happy Days


5 jours de repos forcés aident à voir le monde différemment. 5 jours où j’aurais pu lire de vrais livres, terminer l’Existentialisme est un humanisme. Oui mais non. Où j’aurais pu alimenter mon blog, coucher deux ou trois conneries sur mon cahier à spirales sponsorisé par Auchan. Oui mais non. Dessiner sur mon carnet « Fée Clochette » sponsorisé par Walt Disney. Oui mais non. 5 jours décisifs pour appréhender le monde et plutôt le mien à travers la lucarne du salon. Uniquement. Ca oui.

Et là, tout de suite, en mettant le contact sur Blogger, je bouillonnais d’idées. Cinq jours d’effervescence télévisuelle ça fout la pression forcément.

En vrai, j’ai hésité à écrire cette note sur les maisons de vieillards impotents et ma grand-mère maternelle qui bave depuis son AVC, qui pleure quand on la surprend dans un couloir parce qu’elle a cette émotion joyeuse de retrouver des gens qu’elle aime mais aussi des gens qui l’écoutent et qui lui parlent, elle qu’on ne regarde que trop peu. Tellement peu qu’elle pleure de honte parce que la deuxième chose qu’elle nous mâchonne après un si on allait bien, c’est « est-ce qu’une jeune fille peut m’emmener au cabinet, j’ai envie depuis une heure ». J’aurais pu raconter comment je roule ma mamie en larmes à travers les couloirs, comment je roule à toute allure à la recherche d’une jeune fille, parce qu’elle pleure, parce qu’elle bave, parce qu’elle n’a plus de mouchoir. Et pendant que je la pousse, me viennent des envies de fric, de réussites, soudain la nécessité d’avoir les moyens se fait urgente, d’avoir le bras long, la carrure, les solutions, l’envie de la sortir d’ici, aussi, mais pour où, l’urgence d’avoir beaucoup de fric pour échapper à ça. Pas comme ça. Que mes parents ne vivent pas ça. Lui et moi, non plus.

Oui mais non. J’ai hésité à écrire cette note sur les hôpitaux qui ont un effet bénéfique sur mon transit dès que j’y mets les pieds en ce moment. C’est bien simple un panneau H me fait autant d’effet qu’un bol d’All Bran.
Oui mais non.

Alors donc, j’ai mieux, j’ai appris pendant ces cinq derniers jours de retraite que la télé me parlait ! Si ! Il suffit que je l’ouvre pour qu’elle m’envoie un signe, sur ma vie, sur mes projets. Tiens c’est bien simple, j’apprends que Malcolm et moi sommes tous les deux existentialistes, c’est bon à savoir parce que je ne compte pas terminer l’essai de Sartre dans les prochaines heures. Francis connaît pour la première fois depuis des centaines d’épisodes un coup de chance extraordinaire, il tombe sur des gens formidables qui ne le mènent pas en bateau. Pour ma part, j’ai la sensation que ça vient, si si ça vient.
Toutes les émissions Planète-J’irai-Dormir-Chez-Vous-Nicolas-Mulot se passent au Maroc, tous les films se tournent à Ouarzazate, tous les patineurs sur glace sans glace d’un show présenté par un animateur ex-comique qui ricane nerveusement à chaque applaudissement du public sont les sosies officiels du groupe de jeunes venu jouer chez nous hier. J’en avais la mâchoire qui tombait. Oui oui il y avait la même danseuse musaraigne aux cheveux rouges, le boulanger charcutier dans son marcel improbable et le ptit gars tout droit sorti d’Happy Days. Je m’attendais à tout instant à ce qu’ils se lancent dans une salsa déchaînée, un rock acrobatique par dessus les tables, mais non, ils ont joué sagement puis sont partis après avoir acheté 17000 boîtes de jeux (enfin presque). Evidemment si vous ne regardez pas cette extra-ordinaire émission sponsorisée par Pascal Sevran et Notre Temps vous ne pouvez pas comprendre pourquoi j'avais l'impression qu'il y avait des boules à facettes accrochées dans notre show room et un jury derrière la vitrine.

La télé est merveilleuse, je regarde le loto ce soir et j’évite les hôpitaux. D’une pierre deux coups.

19 juillet 2006

Moi j'dis, that is the question

Est-ce qu'on peut tomber accro à son bain de bouche ?

Crise d'ado


Au coin de ma rue il y a une belle maison abandonnée, pour le moment uniquement squattée par la bande de mon chat. Cela fait trois ans que je l’observe se dégrader. Des travaux avaient commencé quelques années plus tôt, le toit entièrement retapé est magnifique, les solives apparentes superbes, puis tout s’est arrêté. Beaucoup de gens intéressés se sont succédés devant ses murs, le cadastre indique que les propriétaires ont déménagé à l’étranger, personne ne sait rien de plus. Le chantier interdit au public reste en suspension avec des bâches qui traînent et quelques sacs de ciments éventrés que l’on aperçoit par le trou béant des ouvertures. Pas de fenêtre, une porte d’entrée qui moisit. Cette belle maison pleine de vent et de pluie commence à se lézarder, elle se fendille le long des encadrements, elle prend des rides dans la gueule, et depuis hier un ado lui confie son désarroi à la bombe rouge. Il a dû se payer son premier shoot de lucidité.
Ils ne sont pas tellement rebelles les ados du quartier. Faut dire qu’ici une maison vide se craquelle, là-bas des maisons remplies s’écroulent sous les bombes. Ah ça non, pas trop rebelles, justes en début de dépression.

11 juillet 2006

Moi j'dis (re)...


L'ombilical mot a frappé son sens contre le mur de ma raison. Ouhla, ben va pas falloir que tous les mots de la phrase suivent le même chemin. Ouïch !

Attendre Septembre


A l’heure où les gens se relayent pour partir en vacances je n’ai jamais autant de travail. Les lieux d’expositions suivent la pérégrination humaine et mes jeux se remballent et se déballent au fil du vent et presque au bord de mes caprices. Ici trop de monde, là fait trop chaud. Je pense, nous pensons entre deux jets d'ancre à nos nouvelles envies, pensons à penser à arrêter notre nomadisme estival, mettre une fois pour toute les mains dans la sciure, compter nos cases et nos pions, dessiner de nouvelles règles, esquisser la bonne enluminure. Je pose des notions abstraites sur des projets moins évanescents. Et puis, à ce point d'encrage, penser à poser nos propres vacances, celles qu’on a regardées en juin filer sans nous, à cause de.
Préparer le voyage, cette fois ne pas se laisser déborder par l’inattendu. Foncer et tenir bon.
Je sens bien que nous sommes plus sereins.
Je savoure ce qui s’accomplit, je ne compte pas ce qu’il manque, je creuse le sable pour enfouir mes racines bien profond. Bien profond parce qu’il y a des relents de violences qui balayent mes humeurs, des batailles ratées qui hantent, des signes qui grêlent les peaux les plus coriaces. Elle n’est pas si dure ma coquille.
Elle n’est pas si fragile non plus. J’ai des rages positives qui me secouent et des pensées sauvages qui bricolent. Pour un peu mes sens s’alertent et mes naseaux frémissent. Pour un peu je casserais tout pour repartir ailleurs. Pour un peu je laisserais tout en vrac pour me sauver tout de suite, longer le Drâa, roupiller à l’ombre d’une Casbah. Aller, tenir jusque là, et nos idées, nos envies, et nos nerfs.

05 juillet 2006

Moi j'dis...


Y a des fourmis qui sucent des chenilles hallucinogènes à s’en faire péter la ruche, moi je vomis mon cerveau il est même pas 20h30, à cause d’un seul mauvais verre de gin. Hip ! Y a pas de justice.
(Et puis même si ce verre était une distinguée chope de 50 cl, certes, ça reste du mauvais gin).

01 juillet 2006

Poker menteur et bottes de cuir


Ce matin quand tu t’es levée tu t’es dit que la vie était aussi excitante qu’une partie de poker, et plus exactement de Texas Hold’em. Assise à une table de dix joueurs tu crois toujours que fatalement tu vas avoir le droit toi aussi à une bonne combinaison, soit parce que tu as coché toutes les cases devant la liste à faire soit parce que tu as rayé de la liste ce que tu ne devais plus faire, et puis aussi parce que tu es une brave fille et qu’il n’y a pas de raison. Pourquoi pas toi ?

Ce matin donc, tu crois que la chance va se concentrer grâce au pouvoir reconnu des cierges magiques que tu as allumés sur l’autel dédié à Pierre Soulages, Caravage et Jim Delarge. Tu as bouffé monochrome, le samedi c’est le vert, de la crème pistache avec du melon d’eau en passant par le dentifrice Colgate aux plantes. Tu as gagné à la première partie de Spider solitaire niveau difficile, le voisin gras a desserré sa ceinture en rentrant dans sa caisse. Bref les oracles étaient bons et les rituels accomplis.

Alors tu décoches ton demi sourire au donneur et tu joues les blinds. En face Lili-La-Tigresse, à gauche Thomas-The-Ripper, à ta droite Mat92. Que du beau monde, ça vaut le coup de rentrer dans la danse, tes jetons valsent au milieu de la table, la journée offre tout son potentiel, il fait bon. Une journée comme les autres sans tellement plus de pression, tu fais juste ce que tu as à faire, tu t’alignes sur les autres et tu bêles dans la Grande Bergerie. Tu attends tes cartes.

La journée à peine entamée tu te dis qu’il est temps de ressentir les rouages de la difficulté, il ne suffit pas de se lever le matin. Ouf tu récupères un deux de trèfle et un sept de pic. Voilà qui ressemble déjà plus à une journée normale, ton estomac digère mal, il broie du vert, transforme l’espoir en ramasse-miettes. La vie est aussi désolante qu’une mauvaise main à court de jetons. Et Lili renifle l’agneau à plein museau.

Bien, maintenant il s’agit de se battre, et dans la vie, au Poker ou dans la bergerie, c’est souvent une question d’ego. Un sursaut incontrôlable qui éradique toute raison.
Tu sais que tu devrais passer, qu’il y a des années que t’aurais du jeter l’éponge, mais au point où t’en es tu préfères t’écrouler crânement. Tu fais semblant de croire que les jetons sont remplaçables autant que les minutes qui se fracassent.

Tu relances, tu relances. Le Flop arrive et quel Flop, rien de bon pour ta pomme, le Tournant te donnes des aigreurs mais tu t’accroches. Tu relances jusqu’à la Rivière sans une parole, les dents serrées durant la traversée du désert. Tu écrases même sous les talons quelques craintifs plus raisonnables ou moins courageux ou avec moins d’ego. C’est beau comme il t’en faut peu pour te redonner espoir, une dernière carte se retourne ; tes grigri, tes cases cochées et une stupidité orgueilleuse t’offrent un deux de carreau. Tu sacrifierais père et mère pour cette misérable paire. Tu les as déjà sacrifiés aux sourires carnassiers de Tom et Lili. La journée va se terminer et chacun piaffe le bec ouvert.

Je suis transparente d’attente, de besoin, d’espoir et de désespoirs confondus. Nous allons tous retourner nos cartes et je ne veux pas savoir, je ne veux rien voir ni entendre… mais…

Je me lève, je me sens plus légère. Je tourne les talons, le jour décline et m’éloigne de la table. Je me suis battue, un zeste de fatigue, il s’agit de bien rouler des hanches à présent, je sens les regards, à l’occasion sur mon cul, je sers les fesses, je rentre le ventre et je redresse les épaules. Tous apprécieront le rythme maîtrisé de mes nouvelles bottes glissées sous mon jean fétiche qui claquent le marbre veiné. Ouais ça valait le coup, je crois entendre des applaudissements, demain j’irai à nouveau saisir ma chance dans la Grande Bergerie.

13 juin 2006

Enfouissage avant extraction

En pleine agonie dentaire, j’attends avec impatience l’enterrement en grande pompe de mes crocs. Je fêterai ça à la DEXTRARINE PHENYLBUTAZONE en nageant dans une humeur saumâtre. Pour le moment les huit médocs quotidiens avalés sont d’enfer, j’apprécie les effets secondaires, par exemple je chante dès le matin et je poursuis avec un demi-quarantième de marathon sur mon vélo elliptique le cœur léger, léger... on m’a interdit tout coup de fil professionnel et j’ai perdu ces enfoirés de trois mille grammes choppés après quelques expériences culinaires de mon cru (mais je ne renie rien, ce serait dommage, la crème fraîche ça va avec tout). Finalement j’ai plus de temps, il y a une vie en dehors du bureau, il y a le canapé du salon, celui qui rend mou et gentil, il a deux trois bouquins anesthésiants, j’ai même le temps de classer mes souvenirs, tout ça sans sortir de chez moi, loin même du pc qui est vachement trop loin et loin des regards étrangers (parce que faut pas déconner, des chevilles jusqu’au cou, je suis devenue super canon, mais au dessus, je ressemble encore à peu près à n’importe quoi). Alors les derniers souvenirs en date sont télévisuels, inégaux et déjà nostalgiques, ici reposeront donc quelques instants de félicités servis sur plateaux repas : je vais les emmurer entre deux placoplâtres et une trappe pour l’urne funéraire. Allez hop le caveau à réacteurs fait 200 pixels sur 100, en marbre noir avec clignotants et rétroviseurs, poussez donc les manettes à fond, il peut servir aux barmitzva et aux soirées de mariages. (J'ai du mal avec les enchaînements, j'ai pas encore mon diplôme de DJ, d'abord une chanson)



01 juin 2006

Monologue du vagien

Si je devais exhumer un billet ce serait celui-ci : beaucoup trop de dents.
C’est pas peu dire que j’ai dégusté hier, avant-hier et avant avant-hier, j’ai morflé, j’en ai bavé (en vrai j’ai bavé), j’ai presque pleuré, j’étais mal embouchée, fiévreuse et boursouflée, un croisement malheureux du genre humain que David Lynch n’aurait pas renié, la fille de Joseph Merrick (Elephant Man) et de la drôle de ballerine dans Eraserhead, celle aux gênes de hamster.
Saloperies de dents de sagesse, saloperie de bouche trop petite pour des saloperies de dents inutiles. Mon cycle dentaire s’est affolé, ce n’est pas une dent qui s’est prise d’envie de sortir de ses chairs, mais deux. Poussées anarchiques du côté gauche, haut et bas, une douleur calquée sur celle de mon utérus : crampes et le besoin d’envoyer tout chier. C’est donc bien lié. Y a-t-il un psy dans la salle ? La bouche expulse des injures, le vagin des douleurs mal contrôlées. Oui il y a beaucoup de plaisirs avalés aussi. Jouissances ou dégoûts par tous les bouts.

Mais quand même est-ce bien raisonnable ce mot « vagin » ? (et allez gling gling je tringle Google et je me ramasse 200 points de visiteurs frustrés – forcément ici, le cul – vlan 10 points - est métaphorique voire métaphysique). Avouez que c’est moche aussi moche que « vacherin » (bing 30 points de cuisiniers frustrés).
Je sais pas moi, mais remarquez que l’on parle sans complexe de l’adorable clitoris (gling gling gling gling) et qu’on passe directement à l’utérus qui sonne scientifiquement propre en passant sous silence ce trou, cette béance que dis-je ce gouffre ! Il y a bien des moyens détournés pour cibler la zone, on nous sert des moules et autres mollusques pour évoquer ses reliefs, et on effleure le pubis avec des affectueux surnoms de petits mammifères terrestres, seulement qui de l’hérisson ou du minou osera rentrer dans le sujet. Si je suis lourde c’est que le sujet est grave ! Personne n’en parle, on sent bien que ça gène, le vagin c’est trop laid, je propose « vagien » c’est tout aussi moche mais c’est plus marrant. Ou bien un « vaginou » qu'il y ait au moins un « i » bien planté (quoi donc, que dit le psy ?) !!!

Voilà, voilà, voilà c’est tout pour aujourd’hui. Et maintenant je compte les points. Je me demande combien a fait Cyrille ?
(j'avais prévu de ponctuer ce billet avec de petites images, mais Blogger ne veut pas, l'est sans doute saturé par toutes mes conneries.)

24 mai 2006

Transit

Je reviens d’un jeûne et je demande à voir. A voir tavernier ! Du coup je lis je lis je lis le Web, depuis 3 heures, 3 jours, 3 nuits enfin presque je ne suis pas à une ou deux exagérations près ; je regarde je regarde je regarde. Les gens sont quand même beaux, non ?
C’est quand même vachement facile de ne lire que ce qui nous plait, de ne voir que ce qu’on aime. Est-ce que c’est parce que c’est « gratuit » qu’on zappe d’une adresse à l’autre, qu’on suit une diagonale et qu’au bout de la ligne on passe à un autre site en bookemarquant la pépite, pensant qu’on y reviendra ? Et la liste s’allonge. Est-ce que c’est parce que c’est free, qu’on en veut plus, toujours plus, en regardant plus vite que ses pixels. Est-ce que c’est parce qu’on se sent libre qu’on devient frénétique avec l’impression qu’on n’en fera jamais le tour. Alors j’avale. Et puis je me sens épuisée et vaine alors que je devrais me réjouir de toutes ces belles idées, je suis assommée et noyée, un asticot qui asticote sa pomme, sa citrouille, mon ciboulot plein d'air. Et moi moi moi ? A quoi bon en rajouter, que peut on recycler puisqu’on n'invente rien. J’arrive au bout du recyclage, fin de la machine, le tambour est plein je vais le vider.

Peut-être suis-je devenue anorexique, j’en arrive à compter le nombre de kilo que pèsent mes mots.
Difficile de vouloir participer au remplissage quand on a tant à lire.
Sale temps pour sortir.

09 mai 2006

Carnaac


J’ai une théorie sur les alignements mégalithiques.

Il y a 6000 ans en plein néolithique, un mec s’ennuyait ferme. Internet n’était pas très opérationnel encore, les tuyaux en écorces d’arbre ne laissaient passer que les plus grosses informations de type il va pleuvoir à la prochaine lune parce que la mousse pousse plus verte sur la partie nord du tronc. Et pas grand-chose d’autres à part une base de données assez minable sur la culture des termites et des fourmis femelles noires.

De plus, tous ses potes étaient en pleine expérimentation d’agriculture bio. Les subventions leur permettaient de s’installer en dur dans la région et les veillées au coin du feu ne parlaient que de famille à fonder et de mioches à élever. Bref, ennui mortel à l’horizon pour ce célibataire un peu paumé qui aimait s’empiffrer de girolles de toutes les couleurs, les meilleurs étant les grises avec un petit téton sur le chapeau, parfaites pour les soirées Sade Botam Sucra Peth (Sang de Boeuf Tambours sur Crânes et Percussions Thoraciques). Seulement, malheureusement, ces soirées branchées qui effrayaient un peu les vieux du campement se faisaient de plus en plus rares, les tambours étaient délaissés, les percussionnistes préféraient copuler avec le reste de la jeunesse active.

Il ne restait de ces festivités que les ronds de pierres autour des pistes de danse. Il n’avait jamais vraiment fait banquette, la caillasse n’ayant jamais été très confortable, malgré les dires des anciens, il préférait mêler son corps à la sueur acide des autres danseurs agités par les rythmes hypnotiques. Âcreté, poussières et fumées. Tristement assis désormais, la mine aussi grise que le roc, aussi désoeuvré qu’une mouette mazoutée, comme tout cela paraissait lointain, et les jolies admiratrices des Sucra Peth, encore plus loin.

C’était dommage de laisser cet endroit à l’abandon, un coin bien pénard à l’écart des fermes qui se construisaient, un terrain vague avec des peaux miteuses abandonnées et des pilons polis jusqu’à l’os, des machoires d'ours qui renvoyaient la lueur des étoiles. Il commença à balayer les lieux, jetait des breloques de quartz cassées et très tape-à-l'oeil, il nettoyait les blocs, les débarrassant de leur vieux sang, il revenait chaque soir pour peaufiner son travail. Quand il eut tout décrassé, il décida de ranger les pierres, les petites rondes d’un côté, les grosses allongées de l’autre, d’autre soir il les mélangeait soudainement, puis les reclassait.

Les voisins finirent par venir le voir, inquiets pour lui et son isolement de plus en plus prolongé. Un soir il reçut un flash sidéral venu de plus à l’ouest : il les aligna, petit cailloux devant, au milieu les moyens, au fond les grands. Les gens qui passaient criaient « O Tiist qu’est-ce que tu fous ? », ce à quoi il répondait « je groumpf pas fini, non groumpf pas fini ». Effectivement il n’en finissait pas d’aligner, de mesurer les sommets, de réajuster pour trouver la courbe ascendante parfaite.

Il mourut d’épuisement, mais pour lui rendre hommage, beaucoup de ses anciens copains prénommèrent l’aîné de leurs rejetons Tiist. A ceux-là le premier métier du monde à haut risque et sans chômage leur fut dévolu. Sur le modèle initié par Tiist, il y avait des règles très strictes à observer comme la solitude et l’incompréhension des autres : ils furent les premiers aligneurs de pierres ou plus communément appelés en néolithique récent « Aar-tiist ». Peu de temps après un deuxième métier à haut risque s’est rapidement mis en place : psychologue.

06 mai 2006